‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 40 sur 255 · P. Ange de Salasar · texte numérisé non relu

P. Ange de Salasar

D'un autre côté, je pense que telle a été la volonté du Seigneur et qu'il doit y avoir là quelque profond mystère. Cela se saura un jour. Pourvu qu'on réalise ee que vous nie (liles, tout ira bien. Je prie Dieu de vous récompenser de la bonne estime que vous avez de mon sentiment. Qu'il Lui plaise que eela dure ! Mais, à mon avis, là où il y a tant de lumière, on doit tenir très peu de compte des miennes. Ce m'est une grande consolation de voir nos affaires dans de si bonnes muins. Béni soit Celui qui nous accorde cette grâce ! Amen.

Pourquoi ne me dites-vous jamais rien du Père Balthasar ? Je ne sais où i! est. Veuillez lui présenter mes rts, ainsi qu'à mon Père Padilla et à mon Père Jean

Diaz.

La prieure d'ici et celle de Malagon, la Mère Briande, se recommandent à Votre Révérence; cette dernière s'était trouvée mieux depuis son arrivée; cette nuit, elle a été plus souffrante. Nous avons néanmoins quelque espoir de la conserver. Plaise a Dieu de lui prolonger la vie, puisqu'il voit que c'est nécessaire, et de garder Votre Révérence !

Veillez, mon Père, à être toujours très circonspect; ces amitiés pourraient bien être des amitiés forcées ; tenezvous donc sans cesse sur vos gardes. Le véritable ami, Celui sur lequel nous devons compter, c'est Dieu. Travaillons sans relâche à accomplir sa volonté et nous n'aurons rien à craindre.

J'ai le plus vif désir de connaître la réponse dont vous me parlez. Je voudrais, en outre, voir Votre Révérence et le Père Maître dans une maison où vous penseriez trouver un cordial asile. Malgré tout, nous ne manquerons pas de croix en cette vie, si nous sommes du parti du Crucifié.

J'arrive à l'affaire d" Antoine Muñoz: ce monsieur s'est trompé. Nous n'avons pas parmi nos religieuses doña Catherine de Otalera; elle ne s'y est jamais trouvée. C'est une dame veuve qui a aidé à cette fondation. Je ne la crois plus là en ce moment, et je ne la connais pas. D'ailleurs, il n'est pas de ma profession de m'occuper d'affaires de ce genre. Veuillez le dire à monsieur Muñoz. J'ai même eu du scrupule de la demande que je vous ai adressée sur ce point. Je connais peu ce monsieur; ceci soit dit entre nous seulement ; nous sommes, il est vrai, très proches parents, mais je ne l'ai vu qu'une seule fois, et je ne sais quel conseil utile donner à son âme. Je vous supplie donc de ne point vous guider dans cette affaire d'après mes vues, mais seulement d'après les dispositions que vous découvrirez en lui. Ne lui soufflez pas mot de cela, pour ne point lui causer de peine; je suis touchée de compassion à son endroit. Veuillez lui présenter mes respects; dites-lui que si je ne lui écris pas, c'est que j'ai mal à la tête, car j'en souffre encore beaucoup.

J'ai envoyé, ces jours derniers, une lettre à doña Béatrix, sa femme. N'oubliez pas de prévenir ce monsieur que la dame dont il parle n'est pas religieuse.

Plaise à Dieu de garder Votre Révérence, puisqu'il voit combien vous êtes nécessaire ! Amen.

C'est aujourd'hui le 19 mai.

L'indigne servante de Votre Révérence*

Lettre clxxiv. 1577. 28 mai

1577. 28 Mai. Tolède.

A MARIE DE SAINT-JOSEPH, PRIEURE A SÉ VILLE

Arrivée du Père Gratien à Tolède. Toile qu'on ne peut vendre. l'rière pour la Réforme.

JÉSUS I

Que la grâce du Saint-Esprit soit toujours avec Votre Révérence, ma tille! Je souhaite qu'elle vous ait aidée à passer d'aussi heureuses fêtes de Pentecôte que je vous les ai désirées. Pour nous, nous les avons eues très heureuses à cause de l'arrivée de notre Père, qui se rend à la Cour, où le Nonce l'appelle. Il nous est venu bien portant; il a même pris de l'embonpoint. Dieu en soit béni ! Votre Révérence doit savoir qu'il faut maintenant recommander à Dieu avec instances les affaires de l'Ordre ; mettez-y toute votre ferveur et tout votre dévoûment : la nécessité est très grande.

Le Père Tostado est déjà à la Cour. Il y a quatre ou cinq jours qu'il a passé par Tolède, mais il était si pressé qu'il ne s'est arrêté que trois ou quatre heures. Plaise à Notre-Seigneur d'accomplir en tout ce qui convient le mieux à son honneur et à su gloire ! Telle est notre seule ambition.

Recommandez à Dieu ma pauvre tète, dont je souffre toujours beaucoup.

Nous n'avons pas eu de chance pour votre toile. On a

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