II
parcouru la moitié de Tolède ; on est allé dans les maisons et les monastères sans pouvoir la vendre. Tous trouvent que c'est trop d'en donner quatre réaux, et cependant on ne peut pas, en conscience, la vendre à moins. Je ne sais ce que nous allons en faire. Réfléchissez, et dites-nous quelle est votre volonté là-dessus. Plaise à Notre-Seigneur d'être avec Votre Révérence !
C'est aujourd'hui la dernière fête de Pentecôte1.
Notre Père n'est pas près de nous aujourd'hui. Il prêche là où est sa sœur2. Il ne pourra donc vous écrire, parce que le courrier sera parti à son retour.
Je désire avoir des nouvelles de votre santé et de celle de toutes les sœurs. Il y a longtemps que je ne vois plus de vos lettres. Que Dieu vous garde à mon affection! La Mère Briande est toujours très mal. Elle se recommande à vos prières et moi, à celles de toutes les sœurs et de mon Père Grégoire. C'est maintenant le moment où les prières de tous sont nécessaires. Envoyez immédiatement cette lettre au Père Grégoire. Redoublez toutes de ferveur, vous et vos filles; avec l'aide de Dieu, nous verrons sous peu laquelle l'emportera de la bonne ou de la mauvaise cause. Jamais la prière n'a été aussi indispensable. Que Dieu vous garde à mon affection!
De Votre Révérence,
Thérèse de Jésus.