‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 47 sur 255 · LETTRE CLXXVI. 1577. 2 JUILLET · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXVI. 1577. 2 JUILLET

bien que des souffrances de ce genre diminuent peu à peu avec l'âge. Présentez mes compliments à elle, à toutes les sœurs, et spécialement à la sous-prieure et aux fondatrices.

La présidente de Malagon s'appelle Anne de la Mère de Dieu; c'est une excellente religieuse, qui remplit bien sa charge, sans s'écarter d'un point des Constitutions. Nos sœurs de Sévi lie traversent de grandes épreuves : la sous-prieure a reçu l'Extrême- Onction, et la prieure a la fièvre ; on ne peut donc rien leur demander pour le moment. Rappelez-vous que les sœurs de Séville vous ont payé les frais. Elles ne tarderont pas à recevoir des religieuses, et elles pourront alors s'acquitter de leur dette envers vous.

[Quant au poisson que vous voulez nous envoyer, vous voulez rire, je pense, si vous ne chargez un exprès de nous l'apporter : d'ailleurs, le port serait cher].

Pour ce qui est des robes de drap dont parle notre Père, vous tacherez de vous en défaire peu à peu, jusqu'à la dernière, si vous n'avez pas en ce moment de quoi en acheter d'autres pour toutes les sœurs à la fois ; vendezles le mieux que vous pourrez. Entendez-vous pour tout avec doña Catherine de Otalora1; tâchez de ne jamais la mécontenter; vous voyez combien vous lui êtes redevable, et l'ingratitude n'est pas de mise. Lorsqu'elle écrira à quelque religieuse, vous remettrez la lettre et vous veillerez à ce qu'on réponde. Plaise à Notre-Seigneur de faire de vous une très grande sainte ! La Mère Briande se recommande à vos prières; elle est toujours très faible.

C'est aujourd'hui le 2 juillet.

1. Fondatrice, ou du moins, insigne bienfaitrice du monastère de Cara vaca.

Votre mère et votr.e sœur sont en bonne santé. L'indigne servante de Votre Révérence,

Thérèse de Jésus.

LETTRE GLXXVir.

1577. 11 Juillet. Tolède.

a marie de saint- joseph, prieure a sé ville.

Elle compatit à ses souffrances, à celles de la Mère sous-prieure et du chapelain. Admission de plusieurs postulantes. Réception de cocos. Lettre au Père Grégoire.

JÉSUS SOIT AVEC VOUS, MA FILLE

Dès que vous m'annoncez un peu de mieux dans votre santé, il me semble que je supporte de bon cœur tout le reste. Plaise au Seigneur de vous donner des forces et de récompenser votre médecin, auquel j'exprime ma plus vivo reconnaissance !

C'est une grande grâce que la sous-prieure soit encore en vie. Celui qui l'a créée peut lui rendre la santé, après l'avoir tirée du néant. Il l'exerce par de terribles souffrances : mais il vous éprouve tellement qu'on voit encore, certes, des personnes capables d'aller en Guinée, et môme plus loin. Cependant, je voudrais déjà que vous fussiez à la fin de vos maux, car j'en suis touchée de pitié.

Comme j'ai chargé la Mère Rriande de vous écrire ce qui s'est passé de nos côtés, je ne vous parlerai que du

1. Cette lettre contient quatre petits fragments très intéressants traduits pour la première ibis.

strict nécessaire. Je n'ai reçu ni les images, ni la lettre que vous envoyiez, me dites-vous, pour doña Louise1. Vous ne m'accusez pas réception de la toile et des crucifix que je vous ai expédiés; veuillez m'en aviser à votre prochaine lettre. Priez Dieu pour la Mère Briande : je suis très contente de la voir si bien.

Recevez sans crainte la postulante : sa dot dont vous me parlez ne vous nuira pas. Quant à cette dame veuve, je la voudrais déjà entrée au monastère. Je vous ai écrit l'autre jour pour vous recommander d'admettre la petite négresse, qui ne vous portera aucun tort; je vous priai, en outre, d'admettre sa sœur. Vous ne me dites pas, non plus, si cette lettre vous est parvenue. J'ai été très affligée de la maladie de Monsieur Garcia Alvarez; n'oubliez pas de me donner des nouvelles de sa santé. Et votre mieux continuet-il? [Les cocos me sont arrivés; voilà des fruits curieux! Je vais les envoyer à doña Louise; celui que vous m'avez destiné est très bien orné. C'est notre Père qui va l'ouvrir demain].

Quant à l'affaire de Paterna, nous n'avons pas à en parler, dit-il, jusqu'à ce qu'il se rende à ce monastère. Nous nous en sommes assez longuement entretenus aujourd'hui; -et, a-t-il ajouté avec raison, ce serait troubler tout le monde que de laisser croire qu'il n'est plus Visiteur.

Que Dieu vous paye les beaux présents que vous m'envoyez! Vous devez rêver que vous êtes une reine. Et encore vous payez le port ! Par charité, veillez sur votre santé; soignez-vous bien, et vous me ferez plaisir. [Les sœurs ont eu beaucoup de joie, comme moi d'ailleurs, à voir les cocos. Béni soit Dieu qui les a créés ! à coup sûr, c'est une chose curieuse à voir. J'ai trouvé charmant

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