Le reste de la lettre manque
1577. Milieu de Janvier. Tolède.
A MARIE DE SAINT-JOSEPH, PRIEURE A SÉ VILLE
Le Père Barthélémy de Aguiiàr. Carnet de la Prieure. La Provinciale. Postulante aux lingots d'or. Parallèle entre la petite Bêla et Thérésita. Étoffes de serge. Chapelain modèle.
JESUS SOIT AVEC VOUS, MA FILLE 1
Afin de ne point l'oublier, je vous prie tout d'abord de me dire pourquoi vous ne me donnez jamais de nouvelles de mon Père dominicain Barthélémy de Aguilar; nous lui devons pourtant beaucoup, je vous assure. C'est lui qui nous avisa de tous les inconvénients de cette maison que nous avions achetée, et qui nous en fit sortir. Chaque fois que je songe à ce que nous y aurions enduré, je ne saurais assez rendre grâces à Dieu de nous en avoir préservées. Qu'il soit béni de tout! Soyez-en persuadée, ce Père est excellent, et, pour les choses de religion, il a plus d'expérience qu'un autre. Je désire que vous n'omettiez pas de l'appeler de temps en temps ; c'est un très bon ami et il est tros entendu ; on ne perd rien à avoir pour le monastère des conseillers de ce mérite. Voici une lettre pour lui; veuillez la lui transmettre.
J'ai trouvé charmant, je vous le déclare, l'envoi de ce mémoire où sont marquées les aumônes que vous avez
1. Cette lettre contient trois fragments traduits pour la première fois ; elle est augmentée d'un tiers.
LETTHE CLVI. 1577. JANVIER 21
reçues et les grosses sommes que vous avez gagnées par votre travail. Plaise à Dieu que tout cela soit vrai! ce serait une grande joie pour moi; niais vous êtes tellement rusée : je crains qu'il n'y ait là quelque habileté de votre part; j'ai la même pensée sur les bonnes nouvelles que vous ine donnez de votre santé, tant j'en suis contente.
Notre prieure de Malagon est toujours dans le même état. J'ai instamment prié notre Père de me dire si l'eau de Loja\ bien qu'expédiée d'une telle distance, serait bonne pour cette malade; veuillez le lui rappeler. Je viens de lui envoyer aujourd'hui une lettre par un ecclésiastique qui allait le voir seulement pour une affaire, ce qui m'a causé un vif plaisir; je ne lui écris donc pas maintenant par votre intermédiaire. C'est une grande charité que vous me faites en m'envoyant ses lettres; mais soyez très certaine qu'alors même que vous n'en auriez pas à me remettre de notre Père, celles de Y. R. seraient toujours les bienvenues; n'ayez aucune crainte sur ce point. J'ai envoyé à doña Jeanne de Antisco2 tout le paquet que vous lui mandiez; elle ne m'a pas encore répondu. Quand il s'agit de semblables personnes, n'y regardez pas de très près, alors même que vous prendriez sur les biens du couvent, surtout maintenant que vous n'êtes plus dans la même nécessité qu'au début; si, en effet, vous étiez dans la gêne, vous seriez plus obligée envers vos fdles.
Oh ! quelle vanité vous devez avoir, maintenant que vous êtes moitié Provinciale3 ! Gomme j'ai trouvé char-