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LETTRE XIV

E n'ai pas le cœur moins bon que toi, ma chère Fatime. Crois-tu que je puisse soutenir l'idée de te voir condamnée à des tourmens éternels pour n'avoir point embrassé une Religion que tu n'as jamais été à portée de connoître? Non, ma tendresse est d'accord là-dessus avec ma raison. Dieu est trop juste pour exiger des hommes plus qu'ils n'ont été en état de faire. Mais, comme il est le maître de ses grâces, il a pu révéler sa volonté aux uns plus clairement qu'il ne l'a fait connoître aux autres,

et leur destiner un bonheur plus grand dans une autre vie. Je ne désespère pas qu'il ne te fournisse un jour les moyens de t'éclairer; je me le persuade même, parce que je le souhaite ardemment.

Fin des Lettres Turques.

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