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NOTICES. XXV

ébruité son nom et appelé sur son talent raltenlion des délicats ; — un vrai talent d'écrivain : souple, animé, d'un éclat solide sur un canevas richement brodé ; l'image abondante, la phrase se déroulant à l'antique avec toute sorte de replis harmonieux, mais ménageant son efl'et, et scrupuleuse jusqu'à la rigueur en matière de goût.

D'où lui venait, sinon de nature, une distinction si rare? Mais comment eût-il approfondi, si ce n'est par un travail assidu, tant d'œuvres de la littérature ancienne et moderne, appris les langues vivantes et touché aux sciences exactes par tous les côtés qui pouvaient servir à sa vocation intellectuelle ? Son genre de vie, dès sa plus tendre jeunesse, expliquait tout. Il lisait, il pensait toujours, écrivant rarement, jetant sans cesse dans une mémoire infaillible, comme dans un moule toujours prêt, des formes d'idées parfaitement définies et durables.

Il avait débuté assez tristement dans cette carrière de l'esprit, par un modeste emploi de répétiteur au collège Henri IV, fort ennuyé par son proviseur, médiocrement charmé par le De Viris, fatigué surtout de cette vie intérieure du collège, môme le mieux tenu, et aspirant, tout jeune encore, après cette solitude de l'esprit où ses rares facultés devaient trouver plus tard leur équilibre et leur force. Il vivait alors dans une petite chambre d'étudiant de la rue des Sept-Voies, où se réunissaient quelques amis, distingués comme lui par le goût des lettres, tous de race comme lui, princes, dirais-je volontiers, par l'intelligence, le savoir, l'éclat des études, la pensée libérale, l'aptitude politique, le respect de soi et des autres, — Saint-Marc Girardin, de Sacy, Emile de Langsdorff, Alexis de Jussieu. Tels étaient, dans cette jeunesse des premiers temps de la Restauration, quelques-uns des amis de Doudan, ceux où se reflétait le mieux l'esprit du moment, devant celte Charte fille de la révolution française, adoptée par un roi, devant ce Parlement où débutaient alors le général Foy, Casimir Perier, le duc de Broglie, et bientôt après Berryer et M. Gui- Pzot. La petite chambre de Doudan n'était pas si loin de

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tribune que ses éclats n'y eussent souvent retenti et réveillé de sympathiques échos. Un jour, la famille du duc de Broglie eut besoin d'un précepteur pour diriger l'éducation de l'enfant né du mariage de madame de Staël avecM. deRocca. Une amicale entremise désigna le jeune répétiteur du collège Henri IV. Le choix fut heureux pour la famille, décisif pour le professeur. Son dcï^tin était fixé. Il était de nature fidèle. La sûreté de son caractère et la loyauté de son cœur allaient trouver, dans la maison du duc de Broghe, à qui parler.

Il était, pour l'éducation des enfants, un maître admiipable, ayant l'instruction, la méthode, la patience et la bonté. 11 avait aussi le charme et l'agrément, aimant à montrer le côté original du bon sens en toute chose, y attirant l'esprit de ses élèves. C'est ainsi qu'il avait écrit : « Le bon sens n'est que pour celui qui pratique la vérité ; la pire des conditions pour écrire un bon roman, c'est un esprit romanesque; » et ailleurs: « Quand un homme a peu de talent et la rage de faire parler de lui, il est capable de tout ^.. » Ce qu'il écrivait de ce ton ferme et délibéré, il le disait de môme, en enseignant à penser à ses élèves avec la même décision imprévue et prime-sautière. D'un esprit très libre en toute question qui relevait de la conscience, il faisait profession de spiritualisme, et en lui le philosophe était un croyant. Déjà, dès 1830, ayant à parler de l'état des arts et de la littérature en France, il y signalait cette impuissance d'atteindre l'idéal à laquelle il ne voyait de remède que dans le retour aux croyances morales et reUgieuses. La page mérite d'être citée :

« Il entre dans les œuvres de l'art un sentiment moral qui fait partie du beau, et surtout du beau quand l'humanité en est le sujet. Or, ce sentiment moral, nous prétendons qu'il manque à la plupart des artistes d'à présent. Ceci a bien l'air d'un paradoxe.

» En effet, avoir le temps (mai 1830), il est, dans la pra-

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