INTRODUCTION. V
l'attente leur ait jamais paru bien longue, tant il y avait de grâce infinie et de ressources inépuisables dans l'esprit de ce merveilleux interlocuteur. Est-il besoin d'ajouter que le duc de Broglie avait une confiance sans bornes dans M. Doudan? Il l'a constamment initié à tous les actes de sa vie politique, et consulté, non sans profit, dans toutes les circonstances les plus importantes. C'est à son utile entremise qu'il avait presque exclusivement recours quand il s'agissait de ces questions de personnes qui sont l'embarras quotidien des gouvernements modérés, et qui réclament, pour être doucement dénouées, un surcroît de mesure et de tact. S'il est sorti du ministère des afi'aires étrangères, pendant la durée du cabinet du H octobre, une dépêche traitant de quelque afi'aire particulièrement délicate, et qui n'ait été écrite ni par le duc de Broglie, ni par l'habile directeur de la division politique, M. Desages, il est à parier que la minute doit être de la main de M. Doudan. Lorsque M. de Broglie s'est définitivement retiré des afi'aires, en 1836, M. Doudan qui avait été nommé maître des requêtes en service extraordinaire, fut mis en avant pour entrer dans le service actif du conseil d'État. A diverses reprises, on lui oftVitdes fonctions publiques qu'il ne voulut jamais accepter. Après la mort de la duchesse de Broglie (septembre 1838), il devint évident que jamais il ne consentirait à se séparer de l'intérieur où un tel vide venait de se produire et dans lequel ses aff*ections étaient désormais à peu près concentrées.