‹ letude sur l'art de parler en publicChapitre 30 sur 45 · LE PROGRÈS DES IQEES OU LE DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS DES IQEES OU LE DÉVELOPPEMENT

L'orateur doit avoir son plan bien arrêté, non-seulement sur le papier, mais dans sa tête; en sorte qu'il tienne toujours présente à son esprit la chaîne de ses pensées, et qu'il aille successivement de l'une à l'autre dans l'ordre marqué du développement.

Le discours est donc comme enchâssé dans un cadre dont il ne doit pas sortir, sous peine de divaguer et d'emporter l'attention des auditeurs hors du sujet par ses écarts, comme un fleuve qui sort de son lit entraîne tout ce qu'il rencontre, et porte l'aridité et la dévastation là où il devait répandre le rafraîchissement et la fertilité.

Ou plutôt, le discours qui déhorde ainsi n'emporte rien du tout que des flots de paroles qui battent les oreilles sans laisser une idée ni exciter un sentiment. Plusieurs de ceux qui veulent improviser, et qui ne s'y entendent pas, faute de talent ou de préparation, se perdent de cette manière. Le courant de leurs discours, qui n'est pas maintenu dans ses rives, se divise à chaque instant et va s'épuiser dans le vide,

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