DE LA CRISE OU DE L EFFORT SUPREME DU DISCOURS
J'appelle de ce nom le moment où la parole produit son plus grand effet, en pénétrant l'âme de l'auditeur pour la dominer, soit par la lumière dont elle la remplit, soit par le senlimenl qu'elle lui imprime. L'auditeur, en ce moment solennel, est subjugué; il reste passif sous l'influence vivante qui le touche et le féconde. Mais, pour bien comprendre cet état, il faut considérer de près, et dans leur rapport respectif, les deux termes que la parole unit instantanément pour accomplir son œuvre.
L'éloquence a cela de particulier, qui la distingue des autres arts, qu'elle atteint toujours le cœur par l'intelligence, c'est-à-dire par l'idée qu'elle engendre nu fait naître, et c'est pourquoi elle est le plus excellent, le plus profond des arts, parce qu'elle saisit l'homme tout entier, et ne peut le charmer, le toucher ou l'entraîner qu'en l'éclairant et le faisant penser.
Ce n'est plus une affaire de sensibilité, d'imagination et de passion, comme dans la musique ou la
peinture, qui peuvent produire de grands effets, sans que la pensée y soit pour beaucoup, quoique ces arts eux-mêmes aient plus d'élévation et de portée, à mesure que l'intelligence y a plus de part et que l'idée y règne davantage.
Mais les idées en musique et dans les arts plastiques sont tellement mêlées à la forme et dominées par elle, qu'on peut difficilement les en abstraire pour s'en rendre compte et les analyser; elles coulent avec la forme, qui leur sert de véhicule, et on ne peut guère les traduire en un langage intelligible et précis. De là le vague de ces arts, de la musique surtout. Ce qui ne l'empêche pas d'agir très-énergiquement, au moment même de l'impression, qui du reste est passagère et laisse peu de chose après elle. Elle s'évanouit à peu près avec les sons qui l'ont produite.
Dans l'éloquence, au contraire, la forme est inférieure à l'idée. En soi, elle a peu d'éclat et de charme : c'est le langage articulé, qui est certainement bien moins agréable que le langage chanté ou la mélodie. Jamais la voix de l'orateur, si sonore qu'elle soit, ne charmera l'oreille comme une phrase musicale, et l'action oratoire, même la plus élégante ou la plus énergique, n'aura jamais la grâce, l'harmonie et le fini que le peintre ou le sculpteur peuvent donner aux corps des personnages qu'ils représentent. Et cependant les accents et l'action de l'orateur produisent souvent des effets merveilleux, quand on l'entend, effets qu'on ne retrouve plus en lisant ce qu'il a dity ou dans le discours écrit.
Il suit de là que l'éloquence a aussi une partie artistique ou esthétique, qui a sa valeur propre, à côté de celle de l'idée qu'elle doit rendre. Mais la forme y dépend beaucoup plus de l'idée que dans les autres arts, en sorte que l'absence ou la faiblesse de celle-ci s'y fait plus sentir, et qu'il est impossible d'être un grand orateur, sans avoir une haute intelligence, une grande force de pensée, tandis qu'on peut être un musicien, un peintre, un sculpteur distingué, sans briller par ces qualités. Ce qui revient à dire que l'éloquence est le plus intelligent des arts, celui dont l'exercice exige les plus puissantes facultés de l'esprit.
D'où il suit encore, et c'est à cela que nous en voulons venir, que l'éloquence est l'art le plus profond et le plus difficile, à cause du but qu'il doit atteindre, qui n'est pas seulement de plaire, de charmer, d'émouvoir passagèrement, mais d'entrer dans les âmes pour mouvoir ou changer leurs volontés, pour les portera agir ou les empêcher d'agir parle moyen des idées qu'elle leur fait concevoir, ou, comme on dit dans les irailés de rhétorique, en les convainquant ou les persuadant. La vraie fin de l'orateur, c'est de se rendre maître des âmes en les dirigeant par son esprit, en les faisant penser comme il pense, pour communiquer à leur volonté le mouvement et la tendance de la sienne.
Je sais bien qu'on peut remuer et entraîner les multitudes avec de grandes phrases, des images brillantes, et surtout par des éclats de voix et une action
véhémente, sans qu'il y ait au fond de tout cela beaucoup d'idées. L'orateur, dans ce cas, agit à la manière de la musique, qui fait sentir et quelquefois agir sans penser. Mais ce qui suffit à la musique est tout au plus la moitié de ce qu'il faut à l'éloquence, et bien qu'elle puisse encore produire de l'effet de cette manière, elle y reste cependant au-dessous d'elle-même et perd de sa dignité. Elle est sonore, mais vide , c'est une cym])ale retentissante, ou, si vous l'aimez mieu7i, c'est une décoration de théâtre, qui fait illusion au moment même, et laisse peu de chose après elle.
L'éloquence n'est digne de son nom, et ne répond à sa haute destination, que si elle domine la volonté humaine par l'intelligence, en la portant à se résoudre, comme un être raisonnable et libre doit le faire, non pas seulement par des impressions sensibles, par les tableaux de l'imagination, par les emportements de la passion; mais surtout parla vue de la vérité, par la conviction de la justice et du bien, c'est-à-dire par l'idée qu'elle lui en donne, ou plutôt qu'elle doit engendrer, développer et vivifier dans son âme.
En un mot, tout dans le discours se réduit à ce point : faire concevoir à l'auditeur ce que l'orateur comprend et comme il le comprend, pour lui faire sentir ce qu'il sent et vouloir ce qu'il veut : en d'autres termes, engendrer dans l'entendement de celui qui écoute une idée semblable à l'idée de celui qui parle, afin que leurs cœurs se mettent à l'unisson comme leurs esprits. Là est la difficulté, et ceux-là
seuls qui peuvent la surmonter sont vraiment éloquents.
Mais pour cela il faut plusieurs choses, ou autrement dans celle opération que l'oraleur doit accomplir, dans celle grande œuvre de l'éloquence il y a plusieurs moments ou degrés que tous ceux qui parlent en public connaissent, ou au moins dont ils ont fait l'expérience par le senlimenl, s'ils ne s'en sont pas rendu compte d'une manière explicite.
Le premier moment est celui où l'on s'empare de l'auditoire. On le domine.
Le second arrive quand la parole pénètre dans l'âme de l'auditeur et le fait concevoir.
Le troisième est comme l'organisation de cette conception. L'auditeur, qui a conçu l'idée, s'unit à l'orateur par son esprit et par sa volonté ; il ne fait plus qu'une âme avec lui. C'est le complément de l'œuvre par laquelle celui qui parle prend possession de celui qu'il a convaincu et touché.
Considérons ces trois degrés :
1° S'emparer de l'auditeur, c'est saisir son attention, la fixer de manière à ce qu'il écoute sans effort et même volontiers ce qu'on lui dit, et qu'en dirigeant tout son esprit vers l'orateur, il s'ouvre, autant qu'il dépend de lui, pour recevoir sa parole, l'absorber, à l'exclusion de toute autre pensée, image ou sensation qui pourraient survenir.
Or, cette prise de possession des esprits par le discours n'est pas chose facile, et il faut souvent un temps assez long et des efforts soutenus pour l'ob-
tenir. D'autres fois cela se fait tout de suite, dès le& premiers mois, soit à cause de la confiance que l'oi'ateur inspire, soit par le vif intérêt du sujet et la curiosité qu'il excite, soit par toute autre raison. Il est difficile de donner un conseil à cet égard, vu la grande diversité des circonstances qui peuvent aider ou nuire dans ce cas; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'il faut absolument y parvenir pour produire quelque effet par le discours.
Il y a peu d'hommes qui sachent écouter. Cela suppose une grande envie de s'instruire, par conséquent la conscience de son ignorance et une certaine défiance de soi-même, qui est de la modestie ou de l'humilité, vertus très-rares; et d'un autre côté, il faut, pour écouter, une force de volonté qui rend capable de diriger son esprit sur un point, et de l'y maintenir en dépit de toutes les distractions. Même quand on est seul en face d'un livre sérieux, quelle peine n'a-t-on pas à y concentrer son attentiçn pour comprendre ce qu'on lit! Et si la lecture se prolonge, que d'échappées et de reprises 1 Que sera-ce donc au milieu d'une foule où l'on est assailli de tous les côtés par des impressions diverses?
Puis, chacun arrive là avec une disposition différente, avec des préoccup-ations autres, avec ses préjugés, en raison de son âge, de sa condition, de ses antécédents. Supposez quelques centaines, quelques milliers de personnes dans un auditoire, vous avez autant d'opinions que de têtes, autant de passions que d'intérêts et de situations, et dans ce grand nombre
d'individus bien peu s'accordent par leurs pensées, par leurs sentiments, par leurs désirs. Chacun songe à une chose ou à une autre, veut ceci ou cela, a telle ou telle prévention; et tout d'un coup, au milieu de toutes ces divergences, de toutes ces contradictions, voilà un homme qui se lève, qui paraît en chaire ou à la tribune, et qui doit se faire écouter de tous pour les faire tous penser, sentir et vouloir comme lui. En vérité, c'est une œuvre prodigieuse, et qui ne peut s'accomplir que par une puissance presque surhumaine. C'est le triomphe de l'éloquence, mais il ne s'obtient pas sans peme.
Les rhéteurs disent qu'il faut employer l'exorde à cette fin. C'est en commençant qu'il faut tâcher de captiver les esprits et de les attacher au sujet, soit en les frappant avec force, par surprise, comme dans un exorde ex abrupto; soit en gagnant adroitement leur bienveillance, comme dans l'exorde par insinuation. Tout cela est vrai, mais le précepte n'est pas facile à mettre en œuvre. Il revient à dire que pour faire un bon exorde il faut une grande force ou une grande adresse de parole. Qui nous les donnera?
Le début du discours est en général difficile, nonseulement par la peine que l'orateur éprouve à se mettre en train, à poser son sujet et à en commencer le développement, comme nous l'avons montré tout à l'heure , mais aussi par la nécessité de mettre en train son auditoire, où il rencontre tout d'abord soit la force d'inertie, la paresse qui ne veut pas se donner la peine d'écouter, soit la légèreté qui se laisse
distraire à chaque instant, soit l'opposition sourde ou déclarée d'un préjugé ou d'un intérêt contraire. Il faut donc qu'il entre en lutte avec son auditoire pour le dompter, et celte lutte n'est pas toujours heureuse.
Jusqu'à ce que chacun ait pris sa place et s'y soit bien établi, puis ait toussé, craché, se soit mouché et agité autant qu'il peut le faire décemment dans la situation, le pauvre orateur parle plus ou moins au milieu du bruit, ou au moins d'une agitation sourde qui empêche sa parole d'agir sur les esprits. Alors elle n'entre pas, elle lui revient, et il est parfois tenté de se décourager en commençant, surtout dans les grandes assemblées où il y a toutes sortes de monde, comme au sermon. S'il faiblit, il est perdu; jamais il ne deviendra maître de ses auditeurs et son discours sera impuissant.
Ce qui le soutiendra, c'est d'abord le sentiment vif de la mission dont il est chargé, du devoir qu'il accomplit; puis ce quelque chose qui est propre aux hommes forts, et par quoi ils s'animent par la contradiction ou l'obstacle, et s'exaltent dans la lutte. Plus on leur résiste et plus ils s'efforcent de l'emporter, plus ils veulent vaincre. C'est un des aiguillons du courage dans le combat.
Ce qui lui est encore bien utile dans cette conjoncture, c'est l'autorité de la parole, qui prend subitement un certain ascendant sur l'auditeur, quelque chose de sympathique dans la voix qui flatte l'oreille et va au cœur, ou bien un certain mordant, dans la
prononciation et dans l'accent , qui s'empare de l'attention.
Avec ces avantages et ceux dont nous avons parlé précédemment, et surtout avec le secours d'en haut, on parvient plus ou moins vite à saisir son auditoire, à le dominer, à le gagner, à l'enchaîner pour ainsi dire au discours; en sorte que tous les esprits, ralliés dans une même attention, convergent vers un seul point, et paraissent suspendus aux lèvres de celui qui parle, en môme temps que tous les regards sont fixés sur lui. Alors s'établit ce silence solennel, qui est la condition de la vie de la parole. On ne se remue plus sur sa chaise ou à son banc; on ne se mouche plus; on ne crache plus; les rhumes eux-mêmes sont comme guéris par enchantement, et au milieu de l'absence de tout bruit on n'entend plus que les respirations des auditeurs, et la voix de l'orateur qui s'élève, domine, et se répand. L'assemblée est gagnée, elle écoute.
2" Alors seulement peut s'accomplir l'œuvre de l'éloquence, qui est d'engendrer l'idée dans celui qui entend, ou de lui faire concevoir et sentir ce qu'elle lui dit.
Comme dans toute conception il y a là deux termes, l'un actif qui transmet la vie, l'autre passif qui conçoit en la recevant, et la conception n'a lieu que par leurpénétration réciproque. C'est ce qui arrive quand tous les regards sont dirigés, tendus vers l'orateur. Les esprits s'ouvrent de toutes leurs forces pour attirer et absorber sa parole, qui les pénètre de sa vertu
et les féconde. Ainsi se produisent les idées par l'instruction, qui est une véritable fécondation des intelligences, et en même temps une nourriture; car l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de vérité.
C'est le moment le plus solennel du discours, ce que nous appelons la crise, ou l'effort suprême de la parole. C'est la vérité elle-même, c'est-à-dire le Dieu vivant, celui qui s'appelle la voie, la vérité et la vie, qui par la bouche de son ministre ou d'un homme de son choix agit sur les âmes, y pénètre, s'y établit, pour qu'elles deviennent comme des trônes où il aime à siéger, comme des sanctuaires où il se plaît à habiter, comme des miroirs où il se réfléchit avec amour, comme des flambeaux par lesquels il veut briller et se répandre.
Dans le monde physique, partout où il y a communication et reproduction de la vie, c'est aussi le Dieu vivant qui opère, et les hommes, les animaux et les plantes, qui sont employés à cette grande œuvre, n'en sont que les organes ou les instruments. C'est pourquoi l'Évangile dit qu'il n'y a qu'un père. Celui dont toute paternité dérive dans le Ciel et sur la terre, comme lui seul est bon parce qu'il est la source de tout bien , et le seul maître narce qu'il est la vérité.
Il en est de même et à plus forte raison dans le monde moral, ou pour la communication de la vie spirituelle. Elle s'accomplit d'après les mêmes lois, et c'est pourquoi celui qui instruit ou qui engendre
dans les âmes, et c'est le vrai sens du mot instruire, celui-là est aussi père selon l'esprit, et c'est la plus noble et la plus féconde des paternités.
Tel est le rôle sublime de l'orateur, telle la haute fonction qu'il remplit. Quand il répand une parole vivante, c'est la vie qu'il transmet; c'est la vérité qu'il reproduit et multiplie dans les âmes qu'il fait vivre selon l'esprit, comme la paternité physique fait vivre selon la chair. Comme Dieu, dont il est l'image et l'instrument, distribue sa lumière, sa chaleur et la vie à toutes les créatures : ainsi l'orateur, rempli de la puissance de l'Esprit, verse au même moment sur des milliers d'auditeurs la lumière de sa parole, la chaleur de son cœur et la vie de son âme. Il féconde toutes ces intelligences à la fois, et c'est pourquoi, à l'instant même où le rayon de la parole les pénètre et les fait concevoir, elles ne font plus qu'une seule âme, dont il est le maître, et qu'il remplit de la vertu d'en haut. Toutes en effet, en ce moment solennel, vivent à l'unisson; elles sont comme identifiées par la puissance de la parole qui les subjugue.
Aussi ce moment critique du discours, où l'effort suprême de l'éloquence s'accomplit, est-il signalé par l'émotion la plus vive et la plus profonde qu'il soit donné aux hommes d'éprouver, celle qui accompagne toujours la communication de la vie ; et ici elle donne d'autant plus de bonheur, que la vie de l'intelligence est plus pure, plus rapprochée de Dieu, qui en est la source. De là le sentiment délicieux, à nul autre pareil qu'éprouve l'orateur, quand sa pa-
rôle entre dans les âmes et les vivifie, comme aussi les impressions douces que ressentent les âmes qui reçoivent l'esprit de la parole et s'en nourrissent.
3° Quand l'orateur a pénétré par le rayon de sa parole le fond de l'âme de celui qui l'écoute, et l'a animé de sa vie, il en devient le maître, et alors il l'impressionne, le remue, le tourne à son gré, et cela sans effort, de la manière la plus simple, par un mot, par un geste, par un cri, par le silence même. C'est qu'il possède son cœur ; il lui est ouvert et il y a entre eux une communication intime qui n'a presque plus besoin de moyens extérieurs. Ainsi de deux personnes qui s'aiment tendrement et qui ont confiance l'une dans l'autie; elles se comprennent sans se parler, et le sentiment qui les anime et les unit est si intime et si doux, que le langage est impuissant à l'exprimer, et qu'elles n'en ont plus besoin pour s'entendre.
L'orateur peut donc tout faire quand il s'est ainsi emparé de son auditoire, et il doit profiter de ce pouvoir qui lui est donné temporairement pour achever son œuvre, et développer et organiser dans ces esprits l'idée qu'il vient d'y faire naître. C'est le troisième degré de son travail.
11 faut battre le fer pendant qu'il est chaud, dit le proverbe. Ici il y a plus et mieux que du fer à forger et à façonner; il y a là la vie nouvelle que la parole a suscitée dans les auditeurs à développer, afin que l'idée conçue se forme dans leur entendement, et qu'elle aille saisir et entraîner la volonté , d'un côté
par l'émotion qu'elle a produite, et de l'autre par les vues de l'esprit, qui fournissent des motifs à la volonté, comme le sentiment ou la passion lui donnent des mobiles. L'éloquence manquerait son but, si elle ne réussissait pas à mener l'auditeur à un acte quelconque, par lequel l'idée doit se réaliser.
C'est donc à ce dernier degré que doit se trouver la partie pratique du discours avec les conséquences à appliquer. C'est là que l'orateur doit recueillir les fruits de sa parole. Il faut qu'après avoir fait passer son sentiment et sa pensée dans ceux qui l'écoutent, il leur fasse aussi partager sa volonté. Il faut qu'il leur imprime, pour ainsi dire, toute sa personne, qu'il les fasse à son image, en sorte qu'ils sentent, pensent et veuillent comme lui, dans l'intérêt de la vérité et du bien qu'il leur a manifestés. Il ne doit pas quitter son auditoire qu'il ne l'ait touché, convaincu et entraîné. C'est, comme nous allons le voir, dans la paroraison que le sceau doit être mis* à son œuvre et qu'elle recevra toute sa plénitude.