Pausanias, lib. III, cap. x
S. — Ici encore, nous croyons devoir citer Xénophon dans toute sa naïve crudité : « Je crois devoir parler des amours des garçons, car ceci a rapport à l'éducation. Chez quelques peuples de la Grèce, comme chez les Béotiens, un homme se lie d'amitié avec un enfant et en jouit ; c'est par des présents, comme chez les Eléens, qu'on obtient les faveurs de la Beauté : chez d'autres peuples, il n'est pas même permis de s'entretenir avec les enfonts que l'on aime. Lycurgue était encore, sur cela, dans des principes contraires à ceux des autres peuples. Un citoyen vertueux épris des belles qualités d'un enfant, voulait-il s'en faire un véritable ami et vivre avec lui, le législateur approuvait cette société ; il n'y voyait rien que d'honnête ; mais, en même temps, il déclarait infâme quiconque ne paraîtrait rechercher dans un jeune homme que la beauté du corps. De là, il arriva que ceux des Spartiates qui s'aimaient vivaient aussi chastement entre eux que des pères avec leurs enfants, ou des frères avec leurs frères. Je ne suis point surpris que quelques personnes regardent ce récit comme une fiction, car dans beaucoup de villes les lois ne condamnent point cet amour des garçons. » (Xénophon, Repu-
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hîiqiie de Sparte, cap. II, édit. Charpentier.) D'ailleurs les mœurs de l'Orient n'ont guère changé sous ce rapport.
9. — Les Armosines étaient les magistrats chargés de la surveillance des femmes.
10. — Pour endurcir les jeunes Spartiates à la souflfrance, on les soumettait à de rudes épreuves. La plus connue consistait à les battre de verges devant l'autel d'Artémis-Orthia. Celui qui supportait mieux la douleur méritait le titre de Btoaovctxr,?, vainqueur de l'autel.
1. — L'auteur ne veut pas calomnier les éphèbes Spartiates ; et s'il a cru devoir leur faire partager, avec l'exagération naturelle à leur âge, la joie de toute la population de la Laconie, en ces circonstances extraordinaires, il tient à reconnaître que Xénophon a dit d'eux qu'ils étaient plus modestes que des vierges dans la chambre nuptiale, et que dans les circonstances ordinaires ils ne font pas plus de bruit que des statues.
2. — Des Athéniens se fussent contentés de le cribler de spirituelles railleries.
1. — La Gérousie (ou Conseil des Vieillards) se composait de trente membres âgés de plus de soixante ans. Elle délibérait sur les propositions à présenter à l'Assemblée.
2. — L'Assemblée se composait de tous les Spartiates Égaux : ÔU.CÏ01, — Quand Kléonis parle d'aller manifester contre Tyrtée, c'est à titre de simple spectatrice qu'elle entend « l'acclamer comme il convient ».
1. Les questions de paix ou de guerre étaient de la compétence de l'Assemblée. (Schœman. Ant. gr., I, 272.)
2. — Ulrichs, dans le Neiies Rheiii Miiseum, VI, 1847, p. 216, s'est eflforcé de déterminer le lieu des Assemblées. Tout ce que l'on sait, c'est qu'elles avaient lieu dans l'espace qui contenait les cinq cômes de Sparte : espace compris entre la rivière du Knaçion et le pont Babj'ka. Plus tard, le peuple s'assembla dans un bâtiment attenant à l'Agora et appelé Skias. Ce bâtiment avait été construit vers la X L V ^ olympiade, par un architecte Samien : Théodoros.
3 . — Ceux qui voudraient faire un essai de socialisme pratique n'ont qu'à étudier l'histoire de Sparte. L'expérience a été faite : il est inutile de la recommencer. A l'origine, après la conquête, les neuf mille Doriens vainqueurs se partagèrent la fertile vallée de la Laconie, divisée en lots de valeur égale. Mais bien que les mesures les plus sévères sanctionnassent l'inaliénabilité et l'indivisibilité de ces patrimoines, l'inégalité de fortune reparut bientôt entre les citoyens. Déjà du temps de Tyrtée, il y avait à Sparte des riches et des pauvres. (Aristote, PoL, v, 6, t. I, p. 573. Thucyde, I, 6.)
4. — M. Duruy, dans son Histoire des Grecs, n'hésite pas à avancer que l'Assemblée des Spartiates ne discutait point les propositions qui lui étaient soumises et qu'elle votait seulement par oui ou par non. La question est très controversée et l'opinion que Schœman a défendue dans sa belle étude sur les Assemblées de Sparte, bien qu'elle ne s'appuie pas sur des témoignages précis, nous semble infiniment plus raisonnable. D'après Schœman : « l'ordre du jour des discussions de l'Assemblée était fixé par le travail préparatoire de la 'ycso'joî*, soit que les sénateurs eussent pris eu.x-mêmes un parti que l'Assemblée était mise en demeure d'accepter ou de rejeter, soit que le peuple eût à choisir librement entre plusieurs propo-
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sitions. Souvent aussi l'Assemblée se bornait à discuter, sans passer au vote. » (Autiguitc's grecques, t. I, trad. E. Galuski.)
Le droit de faire des motions ou de prendre une part active aux débats n'appartenait légalement qu'aux rois, aux sénateurs et, plus tard, aux Éphores. Les autres assistants ne pouvaient le faire sans autorisation spéciale.
4. — L'auteur ne dit point ici que Nikias fait partie du Conseil des Vieillards. Les membres de ce conseil étant choisis par les rois, il est probable que ceux-ci n'eussent point introduit dans son sein le chef du parti démocratique. Mais les Éphores avaient probablement le droit d'assister et de prendre part aux déUbérations, sinon aux votes, de la Gérousie.
5. — Les deux familles royales descendaient d'Héraklès, le Dieu tutélaire de la cité.
6. — A Sparte, le peuple ne votait pas en levant la main ou au moyen de jetons, mais de vive voix par acclamation. La motion qui était acclamée le plus fort était adoptée. Heureux les hommes politiques dont les partisans possédaient de solides poumons ! Dans le cas où le vœu de la majorité n'apparaissait pas assez clairement, le public se partageait en différents groupes. (Thucydide, I, 87.)
7. — Les boucliers des Spartiates portaient la lettre Lambda, initiale du mot AaxîS'atu.wv,
8. — Ce temple avait été élevé à Athéna-Ophthalmitès (borgne) à la suite d'une blessure que Lycurgue avait reçue à l'œil, en essayant d'apaiser une sédition qui avait éclaté sur l'Acropole.
1. — Il était rare qu'une armée Spartiate se composât des seuls O[;.oïci. Les périèques et même les hilotes étaient ordinairement appelés à compléter les contingents.