Ce sont les chifires donnés par Thucydide, IV
3. — Le temps a respecté quelques rares fragments des œuvres deTyrtée. Celui que nous citons est un des plus considérables. (Trad. de Duruy. Hist. grecque.)
4. — C'était là le plus grand honneur que les rois pussent faire aux hôtes de la cité, ou au Spartiate qui s'était distingué d'une façon quelconque.
5. — Ces sacrifices se trouvent mentionnés dans Hérodote, VI , 56 et 57 ; et dans Xénophon, Répiib. Lacéd., xv, 5.
6. — Ces mœurs sembleront peut-être bien primitives, elles n'en sont pas moins parfaitement exactes. D'ailleurs à Sparte, où le costume des femmes était extrêmement léger — (la tunique des jeunes filles leur descendait à peine jusques au milieu des cuisses), — le sentiment de la pudeur ne se manifestait pas de la même manière que de nos jours.
L'auteur n'est pas de ceux qui font de la fantaisie erotique sous prétexte d'évoquer les mœurs antiques, — mœurs plus dignes, plus nobles, plus chastes que les nôtres. — Il tient donc à citer ses auteurs. Le souvenir de cette curieuse coutume nous a été conservé par Hermippos, cité par Athénée, XIII, p. 2.
X. — Cet oracle, en réalité, se rapportait à Ira. L'auteur a cru pouvoir le modifier légèrement, et prêter à Tyrtée une intervention qui fût due uniquement au hasard. En réalité, l'oracle tel qu'il est rapporté par les historiens, annonçait qu'Ira serait prise lorsqu'un bouc aurait bu dans la Néda. Les rives très escarpées du fleuve rendaient l'accomplissement de cet oracle plus difficile qu'il ne semble au premier abord. Cependant nous croyons qu'il n'eût pas été impossible aux en-
nemis intéressés à remplir les conditions prescrites pour la chute de la forteresse, de faire boire dans la Néda un des animaux indiqués par l'oracle. Nous croyons avoir donné à celui-ci un sens plus mystérieux et plus conforme à l'esprit de l'époque, en ajoutant deux conditions qui rendent l'exploit du bouc assez difficile à comprendre.
2. — Le mot tragos, Tjâ-;o;, a plusieurs significations. Voici celles que l'on trouve dans les dictionnaires: i" Bouc, animal; 2° Odeur de houe des aisseUa, d'où âge ou premiers signes de puberté, aptitude aux plaisirs des sens, lascivité, lubricité; 3° Espèce de petit poisson de nier; 40 Sorte d'épongé ; 50 Partie de l'oreille, la cavité qui se trouve la plus rapprochée de la tempe ; 6° Espèce de blé ou d'épcautre dont on faisait du gruau, et par extension Gruau ; 7° Figuier sauvage et stérile. — On voit que le soldat messénien pouvait se permettre d'autres calembours.
1 . — On mettait aux chevaux des espèces de muselières en airain. Ces muselières étaient disposées de façon à ce que le souffle des chevaux produisît un son semblable à celui de la trompette. (Voy. Eschyle : Les Sept devant Tbèbes, 1, 45-)
2. — Lycurgue, outre ses lois, avait laissé aux Spartiates d'utiles conseils de stratégie et de discipline; il leur recommandait, entre autres, de ne pas faire souvent la guerre au même peuple pour ne pas lui apprendre la tactique lacédémonienne, et ne pas poursuivre les vaincus, afin que la certitude de ne pas être poursuivis leur fît abandonner plus facilement le champ de bataille.
I. — Schœmann dit que les Lacédémoniens portaient des tuniques de pourpre durant la guerre. Nous ne nous expliquons pas cette assertion de l'éminent auteur des Antiquités grecques. La pourpre, étant la couleur la plus belle et la plus chère, ne
servait qu'à rehausser le costume des rois et des premiers magistrats des peuples les plus riches. Au temps d'Anaxandros, les rois de Sparte eux-mêmes ne l'employaient probablement pas. Leur costume se rapprochait sans doute de celui qu'Athénée décrit dans son chap. xv.
2. — A. Kopstdadt, De rer. Lacon. Constit. Lycurgea, et Herman dans les Gœtting gelehrt Anieigen, p. 1230, 1849, se sont efforcés de démontrer que les deux familles royales de Sparte, les Proklides (ou Eurypontides) et les Agides, ne se sont jamais unies entre elles par les liens du mariage. Les arguments des deux savants hellénistes ne nous paraissent guère probants, et les conclusions qu'ils tirent du silence des auteurs sur cette question, nous semblent un peu hasardées. Il est au contraire probable que, très souvent, les deux familles royales qui, d'après Xénophon (Helléniques, V, 3), habitaient la même demeure, ont cimenté leur union par des mariages. L'auteur n'ignore pas que de Haase, dans son commentaire sur la Répuhl. (le Sparte, a tenté de démontrer que les deux rois n'habitaient pas ensemble, mais le texte de Xénophon est clair et formel.
1 . — Les Anciens donnaient souvent à leurs serviteurs des noms de lettres. Il est certain qu'à Sparte, ce système devait être employé. Cependant aucun texte formel ne confirme cette hypothèse. L'auteur s'est permis d'orthographier ce nom en redoublant le n final du mot « mikron », afin de bien marquer la prononciation.
2. — Ce caractère d'O Mikronn est conforme à la vraisemblance historique, et les libertés que le vieil hilote prend avec son maître n'étonneront que les bonnes âmes persuadées que l'esclavage antique était beaucoup plus dur que la condition de certains de nos travailleurs modernes.
3 . — Ouvrez un de ces petits livres qui semblent destinés à donner à la jeunesse une foule d'idées fausses sur l'histoire
de l'humanité, vous y trouverez au chapitre consacré à Sparte de longues phrases déclamatoires sur l'abominable institution de la « Kryptie ». S'imagine-t-on qu'il y ait de soi-disant historiens assez naïfs pour admettre qu'à certaines époques de l'année, les jeunes Spartiates, afin de s'accoutumer à la vue du sang, s'exerçassent à tuer tous les hilotes qu'ils rencontraient ? Ceux-ci ne se seraient-ils pas révoltés contre une loi aussi monstrueuse ? Se seraient-ils courbés (eux qui étaient vingt fois plus nombreux que leurs maîtres) sous des institutions aussi injustes? En réalité, suivant toutes les probabilités, la Kryptie était un corps de jeunes gens destinés à maintenir l'ordre parmi les esclaves et les périèques. Un commandant de la Kryptie est mentionné par Plutarque (Kléoinénh, 28) comme ayant pris part a la bataille de Sellasie. Quelques critiques, et leur opinion n'est pas dépourvue de fondement, ont vu dans la Kryptie une espèce de loi de couvre-feu, défendant aux hilotes de sortir de chez eux après une certaine heure. Il est possible aussi — et cette hypothèse, toute personnelle, nous semble concilier toutes les opinions, et rendre vraisemblable cette « loi de carnage » qui a soulevé tant d'indignation, — il est possible que le soir de certaines fêtes il fût, sous peine de mort, défendu aux hilotes de sortir de chez eux. Tant pis pour ceux que la curiosité attirait hors de leur demeure. Ils connaissaient la loi !
Ainsi cette « monstrueuse institution » se réduit à une prohibition facile à respecter et sanctionnée par un châtiment qui ne nous paraît excessif que parce que nous l'envisageons avec nos idées modernes.
4. — Les mothaques étaient les fils de Spartiates et de femmes hilotes. Leur condition était beaucoup plus douce que celle des hilotes.
5. — Cet étang est mentionné par Pausanias. Il faisait le plus bel ornement de la Boônéta.
6. — Le digamma est un caractère du dialecte éolien, qui marque une très forte aspiration. A l'époque de Tyrtée, il devait être assez fréquemment employé par ceux qui écrivaient en dialecte dorien.
7. — Les personnes dévotes attribuaient à Hermès le pouvoir de faire retrouver les objets perdus ou volés. Il paraît qu'il s'acquittait de ses fonctions aussi honorablement que saint Antoine, car ses temples regorgeaient d'ex-voto.
8. — Pour ceux de nos lecteurs que dérouterait la disposition typographique de ce passage, voici les vers que le désespoir inspire à Tyrtée :
Dieux, nous sommes impurs et lugubres! Nous sommes Vils, sinistres, maudits! Votre ouvrage est parfait! Soyez fiers, Tout-Puissants, d'avoir créé les hommes. . Mais nous serions meilleurs si nous nous étions faits!
Vous nous avez pétris de crachats et de fanges; Nous suivons, malgré nous, notre fatalité; Et rien que de penser à nos plaisirs étranges. Nous nous sentons rougir d'être l'Humanité !
Mais songez que l'effet à la cause remonte ! Mais songez qu'en faisant les sombres criminels Vous avez fait le crime et mérité la honte Dont vous nous accablez, — 6 lâches immortels!
Et nous n'avons qu'un tort qui soit réel, peut-être! Celui d'humilier nos fronts à vos genoux! Celui de nous courber, sans vouloir reconnaître Qiae malgré nos laideurs nous valons mieux que vous!
Nous valons mieux que vous, car au fond de nos âmes
Nous conservons encor des rêves purs et doux;
Nous sommes dégoûtés de nos instincts infâmes.
Nous nous faisons horreur. — Nous valons mieux que vous!
Et maintenant, frappez. Dieux cruels, Dieux injustes! Dédaigneux et sereins nous attendons vos coups! Notre faiblesse rend nos supplices augustes, Acharnez-vous, — 6 Dieux ! — Nous valons mieux que vousl
Et je ne voudrais point échanger mes tortures Ni mon sombre destin, ni mes lentes douleurs Avec la lâcheté de vos saintes natures, Avec l'éternité de vos honteux bonheurs!
L'auteur a examiné, en un autre endroit, la question de savoir si une âme hellénique a pu concevoir ce poème ; il ne retiendra donc ici que ce vers :
Vous nous avez pétris de crachats et de fanges!...
L'auteur reconnaît avoir placé ici dans la bouche de Tyrtée des paroles qui constituent un léger anachronisme : anachronisme d'ailleurs qui est plutôt dans l'expression que dans l'idée : que l'homme soit sorti du limon ou des cailloux de Deukalion et de Pyrrha, son origine a toujours la même illustration et la matière première dont les Dieux l'ont tiré, la même noblesse.
9. — Les Spartiates — borrcsco referens! — portaient la barbe en collier, ce qui ne les embellissait guère, car ils étaient réputés pour la laideur farouche de leur visage. Plutarque rapporte (Kk'oiiiciics, 9) que les Éphores à leur entrée en charge ordonnaient à tous les citovens de se raser la moustache, — peut-être, d'après Schœmann, en raison du sens symbolique que l'on attachait à cet ornement comme signe de la liberté individuelle.