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C. Médication locale

L'accord n’est pas encore complètement établi sur le traitement proprement dit de Ia plaque leucoplasique. Il est évident qu’au début, tout à fait, seuls des soins purement médicaux sont à mettre en œuvre ; à ce moment, le mieux à faire est de se conformer aux prescriptions du D' Barthélemy ; il faut recommander aux malades « de pratiquer soigneusement l'hygiène buccale, de faire bien soigner leurs dents et leurs gencives, de supprimer le tabac, lalcool et Les irritations banales facilement évitables, telles que les mets trop chauds, trop froids, trop assaisonnés, etc... »

Le D' Gaucher, un des représentants autorisés de l’école de Saint-Louis, à préconisé dans un article récent, publié avec la collaboration de Sergent, la théra-

peutique suivante :

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Lorsque la leucoplasie se réduit à une plaque ou même à plusieurs plaques microscopiqnement lisses, non fissurées, non papillomateuses, on pratiquera des attouchements quotidiens avec une solution aqueuse de bichromate de potasse à 1 pour 50; ce topique a l’avantage d'améliorer la leucoplasie, parfois même de Ja guérir radicalement, sans l’irriter (condition importante), si on à soin de badigeonner légèrement les parties malades, en évitant de les frictionner; ce traitement doit ètre patiemment prolongé, pendant des années parfois, pour donner tous les résultats dont il est susceptible.

Si les lésions leucoplasiques deviennent papillomateuses, les cautérisations ignées peuvent rendre des services ; de même dans le cas où il se produit des fissurations ; dans ces deux dernières conditions. le bichromate, employé seul, est impuissant, néanmoins on peut en continuer l'usage sur les régions non fissurées.

Pendant toute la durée du traitement médical, à proprement parler, on doit prescrire des collutoires alcalins (borate de soude, chlorate de potasse, chlorate de magnésie).

Mais, conclut Gaucher, « la leucoplasie est une affection qui doit rester sous la surveillance étroite du médecin, seul juge de sa tendance vers la guérison ou la dégénérescence cancéreuse. La leucoplasie la plus simple cliniquement peut être déjà un épithélioma qui germe et qui nécessitera dans un avenir plus ou moins proche la cautérisation ignée ».

L'intervention chirurgicale.est donc, en principe, re-

connue indispensable par tous, et les dermatologistes,

Sir eux-mêmes, Gaucher et Barthélemy notamment, en proclament la nécessité; mais, en général, les dermatologistes fondent d'assez grandes espérances sur le traitement médical, grâce auquel, dit Barthélemy: « on est presque assuré de voir la lésion leucoplasique s’arrêter et en tous cas ne pas se compliquer, rester presque indolente et compatible avec une longue et excellente santé » et ils ne mettent en œuvre, qu’à la dernière heure, les moyens radicaux.

Au contraire, aux yeux des chirurgiens la thérapeutique offre des chances de succès aléatoires et l’opération chirurgicale large comporte des indications autrement formelles et singulièrement précoces.

A ces deux manières de procéder correspondent deux conceptions différentes :

Les chirurgiens sont guidés par leur conviction en l’existence de rapports génétiques entre la leucoplasie et le cancer.

Un certain nombre de dermatologistes, au contraire, estiment que « si l’on fait le traitement local et général approprié la lésion reste ce qu’elle est sans aboutir fatalement à l’épithélioma » (Barthélemy) (r).

Certains chirurgiens même, estimant que les demi-

mesures sont souvent plus nuisibles qu'utiles, tels les

(1) Assurément, cette division en deux camps opposés, représentés par les chirurgiens, d’une part, les dermatologistes, d'autre part, est un peu artificielle, car, on trouve des dermatologistes qui mériteraient d’être classés dans le camp des chirurgiens el vice versa; néanmoins, nous ne voyons guère d'autre moyen d'exprimer les divergences qui séparent actuellement les praticiens, dermatologistes et chirurgiens. L

Le PES

grattages ou les cautérisations, recommandent des interventions radicales, relativement précoces. |

C’est ainsi que Perrin (de Marseille) a obtenu de magnifiques succès, persistants, avec la décortication ignée pratiquée de très bonne heure.

Lorsque l’épithélioma est confirmé, point de doute ne peut exister sur la légitimité d’une opération largement pratiquée : l’ablation des tissus atteints (soit avec le bistouri, soit avec l’anse galvanique) doit être pratiquée rigoureusement. Cette méthode a donné au P' Le

Dentu les résultats remarquables exposés ci-dessus.

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