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Dans les uretères, pour des lésions épithéliales identiques, l'inflammation sous-muqueuse est moins accentuée ; la vascularisation est moindre, les papilles sont moins saillantes, l'infiltration embryonnaire très discrète ; il n'y a pas d’hémorragies interstitielles ; la couche musculaire est à peine envahie.

Par contre, la tendance proliférante et desquamative du nouveau revêtement est très accentuée. |

Dans la profondeur c'est, en certains points, un véritable réseau de bourgeons épithéliaux anastomosés s’enfonçant dans le derme, toujours nettement limités d'ailleurs, à évolution épidermique centripète régulière.

A la surface libre, se fait une énorme desquamation cholestéatomateuse. Au-dessus de la zone à éléidine qui limite l'épithélium actif, s'amasse une couche très épaisse de cellules plates cornées fusionnées en nappes homogènes, fortement colorées en jaune par le picro-carmin. Au milieu de ces stratifications cornées, on voit parfois inclus des lits de cellules granuleuses à éléidine qui donnent à la coupe de l’épiderme un aspect très particulier. Les lamelles épidermiques détachées forment dans la cavité de l’uretère des grumeaux irréguliers et volumineux, encore adhérents par place à la paroi; la couche cornée desquamante dépasse de beaucoup l'épaisseur des autres couches épidermiques réunies.

Mèêmes lésions dans les bassinets avec formations papillaires bien développées ; lésions inflammatoires accentuées du derme ; revêtement épidermique d'épaisseur moyenne,

Les ganglions du hile présentent à l'examen histologique des lésions importantes: ce sont surtout des lésions inflammatoires, simples, hypertrophiques ; en certains points, cependant, au milieu de cellules rondes lymphatiques, existent des îlots de cellules plus grandes, polymorphes, nucléées, chargées de granulationsbrillantes

et pigmentaires qui témoignent d’un envahissement néoplasique épithélial à son début.

OBsERvVATION X VI. — CEsrTAN.

Individu présentant des plaques leucoplasiques depuis 40 ans ;

brusquement, à la suite de la chute d'une plaque cornée, une ulcération fait son apparition et détermine l’ablation de celle-ci, ainsi que de deux petits ganglions sous-maxillaires.

Sur des coupes intéressant toute la largeur de la pièce, voici ce qu'on observe. A un faible grossissement, deux faits attirent l'attention : l'hyperkératinisation des couches superficielles de l'épiderme, l'irrégularité des prolongements interpapillaires. Toutes les couches épidermiques situées au-dessus de la couche à éléidine sont transformées en une série de strates kératinisées, parsemées de noyaux d'autant plus altérés qu'on se rapproche davantage de la superficie ; l'ensemble de ces formations a une hauteur de 100- 120 4.

Il existe une couche à éléidine, formée de grosses cellules polygonales mesurant 30 à 35 4 de longueur et disposées sur 4 ou D rangs, parfois même un plus grand nombre. Dans ces derniers éléments; le noyau est toujours plus ou moins altéré et, dans les plus âgés, on ne peut plus même retrouver les traces de celui-ci. En revanche, le protoplasma est rempli de granulations fixant énergiquement les teintures nucléaires, indice de leur nature ; ce sont des gouttelettes d'éléidine. Les papilles ont perdu leur régularité normale. L’épiderme envoie dans le derme une série de gros mamelons irréguliers. Sur un des bords de la pièce, le corps de Malpighi est encore nettement limité vers la profondeur, mais toute démarcation entre lui et le tissu conjonctif fait bientôt défaut ; des cellules embryonnaires font irruption dans l’épiderme, en bouleversant les couches profondes. Un peu plus loin, on constate l'existence de globes épidermiques caractéristiques ; en certains points, enfin, le tissu normal est en totalité remplacé par des masses néoplasiques dont un certain nombre provient des prolongements intradermiques qui ont proliféré. Le derme est feutré et rempli d'un nombre considérable de cellules embryonnaires.

Cette pièce tire son importance de l'évidence des lésions leucoplasiques avoisinant les points épithéliomateux.

spas

OgservaTion X VII. — Gaucuer et SERGENT.

Le 14 mars 1899, le nommé T.., Ferdinand, âgé de 68 ans, entre à l’hôpital Saint-Antoine, salle Magendie. Il présente une plaque de leucoplasie siégeant à la partie moyenne de la langue ; cette plaque est lisse, vernissée, dure et épaisse, rouge vif en son centre, opaline et nacrée sur ses bords. Le malade articule difficilement les mots et accuse quelques douleurs légères pendant la mastication.

Cette lésion a débuté il y a 3 mois..T..., ancien infirmier, n'a jamais été malade ; il était seulement grand fumeur ; aucun accident suspect n’a attiré son attention du côté de la syphilis.

Cependant, il est soumis dès son entrée au traitement spécifique (a centigrammes de benzoate de mercure par jour en injections hypodermiques) ; la plaque de leucoplasie est badigeonnée quotidiennement avec une solution de bichromate de potasse au 50°.

Après 15 jours de traitement, on constate une amélioration évidente, la douleur a disparu ; l'articulation des mots est plus facile ; mais l'aspect leucoplasique reste manifeste.

Le malade allait être autorisé à quitter l'hôpital lorsqu'il fut pris de fièvre, de dyspnée, d’étouffements et de signes non douteux d'endocardite aiguë infectieuse.

Il mourut quelques jours après ; l'autopsie confirma l’existence de cette endocardite aiguë et montra, de plus, un épanchement purulent limité et ancien de la base de la plèvre avec de nombreux infarctus dans le foie, la rate et les reins. Cette pleurésie purulente latente avait été le point de départ de l'infection cardiaque. La langue avait été enlevée 2 heures après la mort en vue de l'examen histologique.

La plaque de leucoplasie fut divisée en un grand nombre de fragments qui furent fixés dans le sublimé acétique et dans les liquides de Müller, de Zenker et de Flemming. L'examen histologique montra qu'il s'agissait d’une plaque leucoplasique en voie de transformation épithéliomateuse. (Pour les détails, voyez chapitre ur.)

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