LE GARÇON
Peut-être vaincu, mais encor digne de vous.
LOUISE PANET
Bien! sans plus de retard partez. Pensez à nous, Pensez à vos foyers déjà livrés aux flammes,
Aux autels profanés par des troupes infâmes.
Si vous êtes défaits, ce sera glorieux
Que de tomber ainsi. Ah! ce sol, nos aïeux
Un jour l’ont découvert pour le Christ et la France.
Pour le garder, c’est un combat à toute outrance. Vous, n’allez pas faiblir, et pour que l’avenir
Ne vous reproche rien, jusqu’au dernier soupir Aimons la patrie!
DE BOUGAINVILLE
Oh! la patrie! ou qu’on l’aime!
Plus que des êtres chers et bien plus que soi-même, Puisque pour elle, au jour des suprêmes défis, Les mères donnent tout, jusqu’au sang de leur fils!
LÉVIS
Quel noble exemple! allons donc mourir, le sourire Sur les lèvres, quand au fond le cœur se déchire, Adieu! Québec si fier, ô rocher immortel,
Cher comme un lieu natal, sacré comme un autel, Abaissé maintenant comme tout ce qui tombe... Berceau de tout un peuple, er serais-tu la tombe? Si nous t’avons quitté, tu restes encor plein Des souvenirs bénis des Laval, des Champlain. Qui pourrait effacer sur ton sol.cette trace Qu'ils firent si belle et qui grandira leur race?
en jm
Salut donc à leur cendre! à l'esprit créateur
Qui sut donner un père avec un fondawæur!
Salut à ta grande ombre, ô lutteur intrépide, Frontenac! mais ne vas-tu pas, Ô notre égide,
Aux coups des ennemis, quand nous t’abandonnons, Répondre encor par la bouche de tes canons?
Toi, le dernier tombé, vaillant compagnon d’armes, Montcalm, reçois aussi mes adieux et mes larmes! Sois heureux d’être mort: au moins tes yeux fermés N’ont pu voir le sort fait à ces bords tant aimés. Tu m’appelles, tu dis: cours à leur délivrance.
Ah! j'y vais, espérant contre toute espérance.
RIDEAU