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Démeiinier, Esprit des différents peuples, t. III, p

Letourneau. — L’évolution de la morale.

I6i L’ÉVOLUTION DE LA MORALE.

le laissaient complètement nu, ainsi que sa femme et ses enfants (Champlain, Lescarbot). 11 est bon de rappeler que, chez les Peaux-Rouges, quoique les territoires de cbasse fussent propriétés indivises, chaque Indien possédait en propre ses objets mobiliers, le produit de sa chasse, du coin de terre que lui ou sa femme avaient défriché, ce qu’il s’était procuré par voie d’échange K

Ces coutumes primitives, cette obligation plus ou moins stricte de respecter la propriété d’autrui, avec la peine de mort pour sanction, finirent par graver plus ou moins profondément dans les consciences le fameux précepte ; « Bien d’autrui tu rie prendras. » L’inscription était d’ailleurs plus ou moins profondément empreinte suivant les pays et les races. Aux îles Marquises, le vol était rarement puni et l’on blâmait bien plus la maladresse duvoleur que l’action de voler en elle-même®. Mais certaines tribus peaux-rouges plantent au milieu de leurs villages un poteau appelé « arbre de la probité », auquel on siuspend les objets trouvés^ et leNéo-Zélandaisne volait autantdire plusL Mais comme il est naturel, cette moralité était ordinairement bornée aux relations entre gens de la même tribu. Contre l’étranger, tout était licite; il était en dehors du droit. Même les Esquimaux, fort débonnaires, et, entre eux, très probes, car leurs coutumes réglaient avec précision les droits et devoirs de l’individu, ne se croyaient pas moralement obligés vis-à-vis de l’étranger ® et ils le volaient sans le moindre scrupule. Envers ce dernier, on pratiquait même volontiers le droit quiritaire de la propriété.

1. Richardson, Amérique, liv. IV. — Lubbock, Orig. des civilisations, p. 4t9.

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