Domenecli, Voyage dans les grands déserts, etc., p
A. H. Russel-Killoiigh, Sehe mille lieues à travers l'Asie et l'Océanie, t. Il, p. 17.
5. Parry, Troisième voyage {Ilist. univ. des voyages, t. XL, p. i5i).
LA MORALE BESTIALE
Ainsi les Noutka-Colombiens voiilurenl faire payer à Cook l’eau el le bois que ses gens embarquaient’ ; certaines tribus australiennes revendiquent la propriété de l’eaii des rivières ^
Dans la moralité primitive, ce n’est pas seulement l’homme d’une autre race, c’est l’homme de la tribu voisine, contre lequel toute extorsion est bonne et toute oppression juste. Le patriotisme, quand il existe alors, est des plus étroits; c’est simplement l’amour de la propriété appliqué à tout ce que possède le petit groupe dont on fait partie. Partout, en pays primitif, les Européens trouvent sans peine des indigènes, qui s’associent à eux avec la plus grande joie pour exterminer ou opprimer leurs voisins d’au delà de tel ruisseau ou de telle montagne. C’est enprofitant de ce patriotisme, à la fois féroce et embryonnaire, que les missionnaires anglicans ont dépeuplé à coups de fusil les îles de la Société, faisant exterminer une moitié de la population de l’île par l’autre.
En Polynésie, cette haine du voisin était générale. « J’aurais pu, dit Cook, exterminer la race entière, si j’avais suivi les conseils que je reçus: les habitants de tous les villages ou hameaux me prièrent, chacun à leur tour, de détruire leurs voisins . » Porter en dit autant des Nouka-Hiviens.
Il semble aussi qu’en Polynésie les femmes fussent comme beaucoup d’Européennes, plus dépourvues de patriotisme local que les hommes. Lors de la mort de Cook, pendant que par représailles les Anglais incendiaient les hameaux des indigènes, bon nombre d’Hawaïennes restèrent fort tranquillement à bord du navire anglais. Placées sur le pont, elles admiraient même le spectacle et s’écriaient souvenP* : Mai-
Troisième voyage {Ilist. univ. des voyages, t. X, p. 360).