Ibid., t. II, p
-1. DobrilzhoHer, Account of lhe Abipones, etc., t. II, p. 97.
européenne a démontré qu’ayant sans conteste le droit de tuer son adversaire terrassé le vainqueur avait, a fortiori, tous les autres. Ecoutons Bossuet: « L’origine de la servitude, dit-il, vient des lois d’une juste guerre, où le vainqueur ayant tout droit sur le vaincu, jusqu’à lui ôter la vie, il la lui conserve : ce qui même, comme on le sait, a donné naissance au mot de servi, qui, devenu odieux dans la suite, a été dans son origine un terme de bienfait et declémenceL » Un contemporain de Bossuet, le savant Grotius, affirme, de son côté, qu’il est fort blâmable à un prisonnier de guerre de s’évader, même quand il n’a pas engagé sa parole.
Le droit de capture a sûrement été le principal fondement de l’esclavage, mais il n’a pas été le seul, comme nous le verrons bientôt. Au sein des petites sociétés sauvages, l’institution de la propriété individuelle et par suite l’inégalité des moyens d’existence comptèrent parmi les grandes causes de la servitude.
Chez les Gafres, le mol pauvre est synonyme d’esclave et il existe une classe servile, soumise au bon plaisir des riches, et n’ayant aucun droit dans la répartition des terres annuellement faite par le chef. Cette classe constitue une propriété possédée en commun par la classe dirigeante. Après une chasse, on envoie ces sauneys (pauvres), quelquefois à une distance d’une dizaine de lieues, chercher le gibier tombé. Pendant la chasse, ils quêtent avec les chiens et comme eux. Si l’on en a besoin pour le lendemain, on les parque la nuit, dans un enclos épineux, absolument comme les bestiaux L « Les Béchuanas, dit Moffat, se moquaient de la bêtise que je montrais en ayant do la sympathie pour de pareils chiens, comme ils les appellent. »
1. Avertissement aux protestants, etc., 5" avertissement, art. 50, l. VI, Paris, 17W.