‹ L’évolution de la moraleChapitre 14 sur 372 · j/ni PRÉGNATION DE LA CELLULE NERVEUSE · texte numérisé non relu

j/ni PRÉGNATION DE LA CELLULE NERVEUSE

Que l’on ne puisse et ne doive pas commencer aujourd’hui une histoire de l’évolution de la morale sans rappeler d’abord les propriétés principales de la’ cellule nerveuse, cela suffit à attester hautement la révolution en voie de s’accomplir dans la psychologie. Il y a quelque trente ans, un professeur de philosophie pouvait, du haut d’une chaire officielle, définir la volonté en ces termes : « La volonté, c’est le moi, qui sort de sa sphère d’activité pour agir au dehors en tant qu’atlention . » 11 croyait se comprendre et les élèves croyaient l’entendre. Mais ce genre d’enseignement et les livres trop nombreux, qu’il a enhintés, sont en train de passer à l’état

L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX

fossile. Le progrès des sciences naturelles aidant, la psychologie devient de plus en plus un district de la biologie. C’est cpi’en effet, chez l’homme et l’animal, tout ce qui est conscient, savoir, les impressions, les sensations, les désirs, les passions, l’entendement, tout cela dépend des cellules nerveuses cérébrales et résulte de leur fonctionnement. 11 est donc logiquement impossible de traiter de la morale sans la rattacher à la biologie et surtout aux propriétés fondamentales des cellules nerveuses.

Or, la propriété la plus primordiale de la cellule nerveuse est son aptitude à s’imprégner, c’est-à-dire à garder la trace des actes fonctionnels qui s’accomplissent dans son sein. Des comparaisons sont ici nécessaires pour quiconque est peu familier avec les données de la biologie.

On sait que certaines substances emmagasinent la lumière et restent phosphorescentes après avoir été exposées au soleil. Quelquefois même il y a une solde de phosphorescence invisible, latente, celle qu’a signalée Niepeede Saint-Victor : « On expose, dit-il, aux rayons solaires directs, une gravure qui a été tenue plusieurs jours dans l’obscurité. On applique ensuite cette gravure sur un papier photographique très sensible, et, après vingt-quatre heures de contact dans l’obscurité, on obtient en noir une reproduction des blancs de la gravure. En laissant la gravure longtemps exposée aux ravons solaires, elle se sature de lumière et l’on obtient un maximum d’ell'et’. »

Gela revient à dire que, dans ce cas, la lumière solaire, mode de mouvement, comme on le sait aujourd’hui, a imprimé aux molécules des corps éclairés par elle une certaine vibration persistante, qui peut devenir phosphorescence ou action photographique.

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