‹ L’évolution de la moraleChapitre 141 sur 372 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LA MORALE SAUVAGE

prendre les voisins en flagrant délit d’adultère i. Ou bien,

d’accord avec les parents de la mère, et en leur accordant

une part dans le prix de vente, le père troque son enfant contre des fusils, de la poudre, du tabac, du cuivre, du fer, etc.^

Cet état de choses, inhérent à l’esclavage de tous les temps primitifs, et que l’on a retrouvé en Tartarie^ a sur la moralité générale la plus dégradante influence. Dans l’Afrique orientale, dit Burton, le nègre ne veut plus travailler luimême. Toute son ambition est de se procurer par des moyens quelconques des esclaves, qui cultiveront, sèmeront, récolteront pour lui et constitueront en outre une valeur échangeableA Son ambition est de vivre en bourgeois. Plus d’une fois j’aurai à reparler de l’esclavage et à constater que toujours il avilit également celui qui le subit et celui qui l’impose. Sans doute il est encore préférable à la tuerie primitive ; tout vaut mieux que l’extermination du vaincu ; mais il démoralise peut-être davantage, car son action sur le caractère est incessante.

Dans la liberté de la horde anarchique des âges primitifs, on avait constamment à craindre pour sa vie; force était de se tenir perpétuellement sur la défensive; l’énergie féroce était une condition d’existence et elle n’allait pas sans quelque fierté. Quand les tribus s’organisèrent, quand il y eut des chefs despotiques, il fallut s’accoutumer à supporter patiemment bien des outrages, bien des violences ; pourtant ces brutalités étaient encore intermittentes; souvent, comme il arrive en Gafrerie, comme il arrivait en Polynésie, en dehors de leurs accès de royal caprice, le chef, les nobles vivaient

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