‹ L’évolution de la moraleChapitre 148 sur 372 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Votjaqî de. Leloycr, in Déineunier, loc. cil., l. l*', p. 35G.

LA MORALE SAUVAGE

ferveur monarchique... Une femme avait pour fonction unique, quand le roi faisait une visite au voyageur, de recueillir respectueusement les crachats du maîfre dans une petite gourde \ C’était seulement après s’être traîné vers le roi, quand la face et la poitrine étaient convenablement souillées d’une poussière rougeâtre, qu’il était permis aux courtisans de s’asseoir près du monarque et de se mêler à la conversation 2.

Dans le Bondou, le respect monarchique est tel que, pour avoir tué un lion, on encourtun simulacre de punition; car tout lion est un monarque et, en lui ôtant la vie, on offense la majesté royale, si l’on n’est qu’un sujets

Chez les Mombouttous, allumer sa pipe au feu qui brûle devant le roi est un crime de haute trahison immédiatement puni de mort

Les ignobles devoirs qu’ils rendent au roi, les nobles les exigent en retour de leurs inférieurs. Chez les Balondas, les gens du peuple tombent à genoux dans la rue et se frottent de poussière les bras et la poitrine, quand ils rencontrent un supérieurs.

A Kiama, sur le Niger, pour saluer un supérieur, on s’étale à terre tout de son long, mais cette fois sans se saupoudrer de poussière ®.

Dans les monarcbies nègres d’une certaine importance, la servilité prend des proportions épiques. Parler de la mort en présence du roi de Dahomey était, dit Bosman, un crime capital. Défense d’approcher du trône de ce prince à plus de vingt pas. On ne lui parle que par l’intermédiaire d’une

Page 1