Glapperton, Second voyage, p
vieille lemme, la dahro, qui lui transmet les messages en marchant à quatre pattes et devant laquelle à leur tour les hommes de rang inférieur prennent des attitudes de quadrupèdes, car la dakro est anoblie par son glorieux emploi*.
Dans l’Afrique orientale, à la cour du roi de l’Ouganda, M’tésa, que la relation du capitaine Speke a rendue célèbre, on retrouve à très peu près le même cérémonial canin, que tant de voyageurs ont observé dans l’Afrique centrale et occidentale. On s’y jette à plat ventre devant le roi, on se barbouille la face de boue, on se retourne par de brusques soubresauts, comme un poisson frétillant à sec\
C’est bien certainement la crainte, qui, dans le principe, a engendré toute cette dégradante servilité des primitives monarchies ; mais, en vertu même des propriétés biologiques essentielles du cerveau humain, ce sentiment de la peur a fini par se modifier; d’autres éléments moraux s’y mêlèrent. En effet, à mesure que se fait l’éducation, on a de moins en moins de peine à s’avilir, on finit même par y trouver un certain plaisir, par en arriver à une sorte de respect religieux, d’adoration canine pour le maître. Dans nos monarchies historiques, le dévouement à la personne du roi, quel qu’il fût, a souvent poussé à des actes de véritable héroïsme, qui sont restés célèbres. Ce mode relevé de la servilité n’est pas absolument inconnu dans les monarchies africaines. On nous raconte que Racine, ayant quelque peu perdu les bonnes grâces de Louis XIV, en mourut de chagrin. Un seigneur achanti fit plus; privé de la faveur royale, il se tua : « Il faudrait être, disait-il, le dernier des misérables, pour supporter la vie après un tel malheurU »
Les Guanches des Canaries, celte curieuse race, qui, jus-