Burchell, IHst. univ. des voyages, t. XXVI, p
Letourneau. — L’évolution de la morale.
déslionoi’é; il a seiilemenl à craindre la vengeance des intéressés
Cette justice inchoative se retrouve partout en Afrique, là du moins où ne sont pas adoptés encore le code et la morale islamiques.
Partout le vol est sévèrement réprimé, presque partout aussi on peut s’en racheter par des compensations. Dans nombre de districts, le talion est appliqué en cas de meurtre par les parents du mort. Dans l’oasis de Syouali, nous dit Cailliaud, le coupable est mis à l’entière discrétion des parents de la victime, qui le tuent, le torturent ou lui pardonnent, suivant qu’il leur agrée ^ Pour les autres délits, il y a pourtant à Syouah une sorte de justice sociale. Le vol, par exemple, s’expie par une amende payée en dattes ou par une bastonnade appliquée sur les reins du coupable par les gardiens des portes, faisant office de bourreaux. Mais il est permis de racheter une portion de la peine, de payer en dattes, par exemple, la moitié de la bastonnade légale L
Sur nombre de populations noires ou négroïdes de l’Afrique moyenne, les renseignements, nombreux d’ailleurs, que nous devons aux voyageurs, manquent de précision. Il semble pourtant que souvent il y ait contre le vol une pénalité décrétée par la communauté, tandis que le meurtrier est fréquemment mis à la discrétion des parents du décédé, suivant la vieille coutume du talion. Ce dernier cas se produit chez les Mandingues, où les parents du mort ont le droit d’assommer le meurtrier à coups de bâton L De même chez eux l’homme coupable d’adultère peut être vendu