‹ L’évolution de la moraleChapitre 165 sur 372 · lind. Moerenhout, Voyages a\u îles, etc., l. II, p · texte numérisé non relu

lind. Moerenhout, Voyages a\u îles, etc., l. II, p

3. Dumont d’Ui viile, Uist. univ. des voyages, t. XVIII, p. 207.

l. Cook, llisl. univ. des voyages, t. VllI, p. 170.

LA MORALE SAUVAGE

chaque année, le chef; mais où chaque homme possède en propre ses provisions et surtout son bétail, l’existence de ces biens individuels et transmissibles inlliie, tout comme dans les sociétés plus civilisées, sur la moralité et la conception que l’on se fait de la justice. Les Béchuanas, par exemple, font très peu de cas de leur mère, mais sont pour leur père des fds affectueux, quand ils espèrent hériter de ses bestiaux *.

L’existence de cette valeur mobilière, le bétail, qui joue en Cafrerie le rôle de notre monnaie, a eu de bien autres conséquences. Posséder des richesses étant devenu le désir dominant, le rêve de chacun, le sauvage talion des premiers âges s’est adouci ; il s’est transformé en ce que nous appelons des dommages-intérêts ; l’adultère, le rapt, l’homicide, les coups et blessures, etc., s’évaluent et d’ordinaire se compensent par l’abandon d’un plus ou moins grand nombre de têtes de bétail L Le meurtre surtout se rachète facilement de cette manière, car on prise beaucoup la possession des bêtes à cornes et fort peu la vie humaine. Comment en pourrait-il être autrement, puisque l’homme a toujours, sur les femmes et les enfants, droit de vie et de mort? Un Caire, par exemple, peut, selon son caprice, battre sa femme ou la lacérer à coups de fouet. Il a, sans conteste et avec l’approbation de l’opinion publique, le droit de la tuer, si elle a osé lever la main sur lui^. En Cafrerie d’ailleurs, le meurtre ne semble pas être regardé comme une action mauvaise en soi, au point de vue moral. Chez les Bachapins, dit Burchell, un homicide ne produit guère sensation que dans la famille de la victime. Le meurtrier n’est aucunement

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