Ibid., p
De même les Mâlers ne connaissent pas de plus grande faute que le mensonge'.
A l’aurore de notre histoire européenne, nos sauvages ancêtres entendaient encore la justice de la manière primitive, que je viens de signaler chez tant de peuples de toute race®.
Suivant une loi des Frisons, le voleur doit être conduit sur le bord de la mer, y avoir d’abord les oreilles fendues, puis subir la castration, enfin être immolé aux dieux.
Les codes germains et anglo-saxons autorisent à tuer le voleur pris sur le fait.
Chez les Francs, le débiteur insolvable devenait le serf de son créancier.
En revanche le mari franc pouvait tuer sa femme dans un moment d’emportement, sans encourir d’autre peine que la privation de porter ses armes pen.dant quelques mois.
Les lois franques condamnaient à la confiscation du patrimoine les enfants, qui ne poursuivaient pas les meurtriers de leur père.
Dans les primitives législations des tribus germaines, l’argent joue un -rôle des plus importants. Tout se paye, tout s’efface à beaux deniers comptants. Il est évident que tous les crimes et délits sont considérés simplement au point de vue du dommage causé, nullement à celui d’une justice abstraite.
Il faut citer au moins quelques échantillons de ce curieux tarif appelé Wehrgeld^.
Je les prends dans divers codes de la Germanie primitive : la loi salique, le code des Wisigoths, les lois des Frisons, des Alamans, des Ripuaires, des Angles, des Lombards, etc.