‹ L’évolution de la moraleChapitre 176 sur 372 · II. — LE DÉCALOGUE DES PEUPLES SAUVAGES · texte numérisé non relu

II. — LE DÉCALOGUE DES PEUPLES SAUVAGES

Le mol « décalogue » est impropre. Quoique nombre des populations primitives aient déjà ébauché le système décimal, elles ne l’appliquent pas à l’éthique. Leur conscience publique n’a pas encore codifié leur morale, si confuse, et, quand, en groupant les observations, les documents, comme nous essayons de le faire, on lâche de dégager du tableau des mœurs quelques données générales, susceptibles d’être formulées en préceptes, on n’arrive pas à beaucoup près à la dizaine.

Le premier commandement, celui qui prime de beaucoup tous les autres et constitue véritablement le pivot de l’éthique, est celui-ci :

« Tu obéiras au maître en tout et pour tout. »

Toute infraclion à cette injonction suprême est vite atteinte par une sanction pénale. Aussi l’éducation servile des petits ne laisse guère à désirer.

• Une loi des Lombards va jusqu’à punir la pensée de nuire au maître: « Si guis contra animam régis cogitaverit, animœ suæ incurrat periculum' . »

Second commandement :

«Tu ne déroberas point le bien du voisin, ni sa femme. » Chez la plupart des peuples sauvages, le vol des ustensiles ou armes, des animaux domestiques, des esclaves, des femmes, des provisions, est considéré comme le plus grand des crimes, après la désobéissance ou le manque de respect à l’autorité supérieure. De bonne heure donc il a dû se for-

Page 1