Max Duncker, Les Égyptiens, p
Letourneau. — L’évolution de la morale.
L’ÉVOLUTION DE LA MORALE, sont obligés de visiter les habitations pour voir ce qui y manque , car, s’ils ne prenaient ces soins, les Indiens n’y songeraient jamais.... Il arrive ordinairement que les Indiens ne mettent pas en réserve pour eux-mêmes une quantité de graines suffisantes même pour ensemencer. Quant à leurs autres provisions, si on ne les surveillait avec soin, ces pauvres gens manqueraient bientôt des choses les plus nécessaires 1. ))
Au total, la civilisation est une éducation, un dressage, et il faut évidemment gêner la liberté des animaux qu’on dresse, des enfants qu’on élève. Il n’en est pas moins vrai que le joug de l’éducateur ou des gouvernants ne saurait sans dommage s’appesantir trop fort et surtout trop longtemps sur les épaules des gouvernés. Partout où un gouvernement despotique, fut-il patriarcal, humanitaire, dure trop, il laisse derrière lui un peuple avili, sans initiative, et désormais rétif au progrès; c’est un fait général, que proclament à la fois l’histoire du passé et celle du présent.
Même, dans nos sociétés contemporaines, nous voyons les établissements d’éducation où la discipline est sévère, où les jeunes gens séjournent jusqu’à un âge relativement avancé, rendre à la société des hommes tous frappés à la même effigie, très propres sans doute à suivre la direction qui leur a été indiquée, mais n’en sortant guère, ayant perdu le désir et la faciliter d’innover.
La conclusion est qu’il faut se garder de trop dresser les enfants, les hommes et les peuples.