‹ L’évolution de la moraleChapitre 225 sur 372 · Liv. II, V · texte numérisé non relu

Liv. II, V

L’adultère commis avec la femme du maître spirituel est l’objet d’une punition spéciale

Ces antiques législations se sont faites lentement, de pièces et de morceaux; les interpolations n’y sont pas rares, par suite les contradictions, les contrastes y fourmillent. Certains articles ont un caractère sauvage, d’autres sont empreints d’une certaine noblesse. 11 faut ranger, par exemple, à côté du respect pour l’initiateur moral la défense de tuer une femme ou un enfant, de nuire à un ami, de rendre le mal pour le bien, de faire une déposition fausse : tout cela sous peine de l’enfer®. Notons encore la glorification de l’homme qui remplit ses devoirs sans attendre de récompense^ et l’exhortation à désirer le bien de toutes les créatures, à ne pas infliger aux êtres animés les peines de l’esclavage et de la mort L

Avec ses défauts et ses qualités le code tliéocralique des brahmanes a été en vigueur pendant une longue série de siècles; il l’est même encore, en dépit de l’intrusion européenne dans l’Inde. 11 est donc intéressant de voir quels résultats moraux a produits ce si long dressage. Sûrement , comme le font toutes les disciplines longtemps continuées, il a développé le sentiment du devoir et habitué les Hindous à se maîtriser ; mais, par son caractère clérical, il a faussé le sens moral, en déclarant tantôt mauvaises ét délictueuses, tantôt obligatoires, des actions ou insignifiantes ou absurdes; enfin le régime des castes, la tyrannie des rajahs et la prépotence des brahmanes ont brisé le ressort mental de la race. Les missionnaires français du xvii® siècle, les voyageurs modernes, les travaux de certains juristes

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