‹ L’évolution de la moraleChapitre 226 sur 372 · Liv. V, V · texte numérisé non relu

Liv. V, V

LA MORALE BARBARE

anglais ayant longtemps séjourné dans l’Inde nous renseignent très snrfisamment sur la moralité et les tendances de rinde contemporaine ou au moins moderne.

Les Aryas védiques étaientjoueurs et ivrognes: \eRig-Véda nous l’atteste. Les Indiens modernes au contraire ont l’ivrognerie en horreur, et ils ne jouent plus, sauf au damier ‘ et aux échecs. Ils ont, au moins extérieurement, une grande réserve avec les femmes ^ Mais celles-ci, conformément aux enseignements brahmaniques, sont toujours tenues dans un état de sujétion extrême. On les marie sans les consulter, souvent dès l’enfance, et toujours en les achetant. Le mari bat, injurie, tutoie sa femme, qui ne s’assied jamais à sa table et ne l’appelle jamais par son nom. Seules, les bayadères des pagodes apprennent à lire et à écrire Le mari a le droit de tuer les deux coupables, en cas de flagrant délit d’adultère L Les hommes de haut rang peuvent acheter plusieurs femmes et elles sont répudiables pour diverses raisons, notamment pour stérilité, comme dans le bon vieux temps. Ces femmes semblent du reste être généralement de grands enfants; elles sont follement éprises des bijoux, de la parure, des riches habits ^

Certaines coutumes hindoues attestent que le dressage moral peut dompter ou changer les penchants les plus naturels. Ainsi l’inslinct de la conservation est vaincu dans les suicides volontaires des veuves distinguées, les Sutties, si longtemps en usage dans l’Inde et dont Manou ne parle pas encore. En 17i0, à la mort du prince de Marava, âgé de quatre-vingts ans, ses femmes, au nombre de quarante-sept,

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