‹ L’évolution de la moraleChapitre 227 sur 372 · Ibid., t. V, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. V, p

5. Mac Kintosh, Account of the origin and présent condition of the tribe of Ramoossies, p. 53.

se précipitèrent, toutes couvertes de liijoux, dans le brasier destiné au cadavre de leur mari*. Le point d’iionneur suffisait à leur donner cet héroïsme, a Je veux me brûler, disait la veuve d’un rajah ; les femmes de basse caste, seules, ne se brûlent pas. »

Du même point d’honneur est né une sorte de talion volontaire, que l’individu doit s’infliger à lui-même. Si , par exemple, à la suite d’une offense ou d’un tort subi, une personne se mutile ou se tue, l’offenseur doit l’imiter, sinon il encourt l’indignation publiques Pratiquée en grand, cette vengeance devenait la veillée dharna; alors, pour refréner, par exemple, la tyrannie d’un rajah, toute une population s’asseyait silencieusement devant le palais, déterminée à .se laisser mourir de faim, si le maître ne cédaitpas. D’ailleurs la veillée dharna se pratiquaitaussi entre particuliers ^ Sans doute ce mode si singulier de responsabilité n’est pas sans noblesse, d’individu à individu; mais vis-à-vis du roi, il indique une passivité servile, qui résulte sûrement du régime des castes strictement et longtemps maintenu. En effet, pour quiconque appartient à une caste inférieure, regarder en face un membre d’une caste supérieure, c’est l’outrager et lui donner le droit de tuer l’insolent \ La rigidité et l’immobilité des institutions avaient ôté aux Indiens jusqu’à l’idée du changement; à toute observation critique, ils répondaient : (s. C’est la coutunn), ne concevant même pas que l’on pût agir autrement que les ancêtres

Il y a pourtant des côtés nobles dans la moralité indoue. Ainsi la sainteté et la science présumées des brahmanes leur

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