Paulhier, Chine moderne, p. t3G
nombre. » Mais, laissanl de côlé l’organisme de la .société chinoise, dont, quant à présent, je n’ai pas à m’occuper, j’examinerai cette vénérable nation au point de vue de sa morale philosophique et pratique.
Dans leurs spéculations sur l’éthique, ce qui manque le plus aux moralistes chinois, c’est la hardiesse : toujours leur sagesse est terre à terre; toujours elle se formule en lieux communs philosophiques : « L’invariabilité dans le milieu, dit Confucius, est ce qui constitue la vertu L » Il faut pardessus tout être soumis à son père : a Pendant le vivant de votre père, observez avec soin sa volonté ; après sa mort, ayez toujours les yeux fixés sur ses actions » Une grande humilité est fortement recommandée aux gens honnêtes : a Que l’honnête homme humble se serve de l’humilité pour traverser le grand fleuve. Sort fortuné! L’image dit : L’honnête homme humble, humble, se baisse pour paître L »
Le Chou-Kmg conseille au souverain d’éviter l’amour excessif des femmes, du vin, des grandes chasses, de la musique déshonnête, des palais élevés et des murailles ornées de peinture *. Jamais Confucius ne perd pied ; toujoui’s il voit le côté pratique des choses. Quelqu’un demanda : « Que doit-on penser de celui qui rend bienfait pour injures ? » Le philosophe dit : « Si l’on agit ainsi, avec quoi payera-t-on les bienfaits eux-mêmes “? » Ni élans généreux, ni sauvagerie, « l’invariabilité dans le milieu ». Pas de cruautés inutiles ; on dit aux généraux : « Traitez-bien vos prisonniers; nourrissez-les comme vos propres soldats, etc... Épai’gnez le sang humain. » L’idéal de la stratégie est d’ar-