E. Havet, Le Judaïsme, p. 101, etc
récents, avec la vieille loi, le. Penlalcuque, la Ihora, mais enfin ces visionnaires poétiques sont les produits de leur milieu social; ils en représentent les tendances les plus novatrices et leur autorité a été grande.
Nous pouvons les considérer comme l’avant-garde morale de la pensée d’Israël. Or ils ont des élans parfois superbes. Ils veulent que chacun soit responsable de ses propres actions, non de celles de son père (Ézéchiel). Ils stigmatisent l’immoralité et l’hypocrisie religieuses : « Vous mettez votre confiance en des paroles vaines et stériles; vous dérobez, vous tuez, vous commettez l’adultère ; vous vous parjurez ; vous encensez Baal; vous servez des dieux étrangers et nouveaux et puis vous venez vous présenter devant moi en cette maison sur laquelle mon nom est invoqué; vous en faites une caverne de brigands » {Jérémie, vu. 4). L’apostrophe est vigoureuse et porte bien plus loin que le petit monde israélite. Isaïe fait aussi de véhéments appels à la morale pratique, on peut dire laïque : « Levez-vous; nettoyez-vous; ôtez de devant mes yeux l’iniquité de vos actions. Renoncez au mal, essayez le bien ; recevez celui qu’on a mis à terre ; faites justice à l’orphelin et à la veuve » {haïe, i, 99 et lxiii, 3-10).
C’est par ces préceptes relevés, admis parles Gentils dans leur acception la plus large, que la loi d’Israël est devenue la loi chrétienne et a eu l’énorme expansion que l’on sait.