Ibid., p
Letourneau. — L’évolution de la morale.
d’office, qui intervient, par exemple, quand son naari la maltraite^; un homicide échappe au supplice, s’il parvient à cacher sa tête sous les manches d’une femme ^ Chez le peuple de Dieu, les riches étaient fort considérés ; Mammon était déjà plus adoré qu’il n’en avait l’air. Gliez les Bédouins d’Arabie, la richesse seule ne donne pas d’influence à un homme il faut mériter la considération morale.
D’autre part, les progrès ont été considérables. Le penchant à l’ivrognerie, commun à l’époque d’Antar, a été à peu près extirpé. La débauche a été réprimée; les amours contre nature ont été stigmatisés. Le croyant ne prête plus sa femme à son hôte, comme le faisaient autrefois les Bédouins*. Le droit de justice est ôté à l’individu; la femme adultère n’est plus décapitée par son père ou son frère, comme cela se pratiquait encore chez les Bédouins ^ Le Coran même, sur ce point plus avancé que la Bible, ne fait plus de l’adultère un crime capital.
Enfin certaines prescriptions humanitaires, que nous avons signalées précédemment, sont d’un grand souffle moral ; elles font honneur à Israël; ce sont des notes nouvelles dans l’éthique et elles ont eu dans le monde un légitime retentissement. Remarquons pourtant que des maximes du même genre, mais plus philosophiques et plus larges, se trouvent dans les écrits des penseurs gréco-romains et qu’elles ont sur l’éthique juive le grand avantage de ne relever d’aucun dieu : une humanité plus développée en a trouvé l’inspiration dans son cœur et les a formulées avec sa raison.