XXIV
Pas de mariage avec les idolâtres ; « Une esclave croyante vaut mieux qu’une femme libre idolâtre » {Sourate, u, 220).
Tout ce code s’adresse presque uniquement aux hommes. Pour le législateur, la femme était évidemment une créature que l’on dirigeait et qui ne se dirigeait pas {Sourate, XXIV, 31). Pourtant on lui recommande la pudeur : « Que les femmes n’agitent pas les pieds de manière à faire voir les ornements cachés » {Sourate, xxiv, 31).
La probité, l’équité dans les transactions, la charité même sont recommandées. Le tuteur ne doit pas toucher aux biens de ses pupilles {Sourate, iv, 6). 11 faut respecter les biens de l’orphelin, remplir la mesure, peser juste {Sourate, vu, 153), secourir les proches, les orphelins, les voyageurs, ceux qui rachètent les captifs, qui tiennent leurs engagements {Sourate, ii, 172). 11 faut donner son superllu {Sourate, ii, 217), éviter l’hypocrisie {Sourate, ix, 68).
Enfin, dans la guerre sainte, il faut prendre parti et ne pas rester dans ses foyers sans y être contraint, pendant que
LA MORALE BARBARE
les autres sacrifient leurs biens et leurs personnes {Sourate, IV, 97).
Siàcespréceptes on ajoutele conseil, donné d’ailleurs assez mollement, d’éviter le vin et le jeu {Sourate, ir, 216), on aura àpeuprès toute la morale islamique. L’originalité y fait complètement défaut; toutes les presciâptions y sont de l’éthique banale. Nul élan, nulle aspiration vers une loi plus large et plus humaine. Il est d’ailleurs bien certain que Mahomet n’a entendu légiférer que pour son petit peuple de croyants, ne prévoyant nullement l’énorme expansion de sa doctrine.
Les lois judaïque et islamique représentent et résument le plus grand effort moral accompli par la race sémitique. Cette éthique, appuyée par des pénalités terrestres et célestes, a sûrement policé et civilisé, dans une grande mesure, les populations, qui, de gré ou de force, y ont plus ou moins soumis la conduite de leur vie. Pourtant les Sémites peu ou point cultivés, antérieurs aux codes théocratiques ou y ayant imparfaitement conformé leur morale, avaient et même ont encore quelques vertus, que les pieux législateurs ont oublié de recommander : L’hospitalité, par exemple, si glorifiée dans le poème d’Antar, celle vertu, pour l’observance de laquelle on donnait sa vie S la Bible ne la mentionne pas et elle exalte la trahison de Jael envers son hôte ; cependant, de nos jours encore, au dire deBurckhardt^ l’homme le plus honoré chez les Bédouins est celui c{ui se ruine en frais d’hospitalité. La Bible est sans pitié pour l’ennemi; or, le même vo’jageur rapporte qu’un t^édouin ne tue jamais un ennemi qui ne résiste pas L
Chez les mêmes nomades, la femme serait traitée par l’homme presque sur le pied d’égalité : elle a un protecteur