LA MORALE G R É C O- RO MAI N E
Jusqu’à présent dans notre long voyage à la recherche des règles diverses, auxquelles les hommes de tous les temps et
de tous les pays ont plus ou moins soumis leurs actions, nous avons rencontré des races dissemblables entre elles, mais surtout différentes de la nôtre. Sans môme parler des races inférieures, la manière de penser et de sentir des Chinois, des anciens Perses et des Hindous s’éloigne trop de notre constitution mentale pour que nous y reconnaissions une consanguinité morale. Il en va tout autrement, dès que nous abordons les antiques sociétés gréco-romaines. Là, nous nous sentons sur un terrain, qui est le nôtre, et où les différences, si grandes qu’elles soient, ne tiennent guère qu’à des degrés d’évolution.
En outre, nous entrons dans la période historique. Il ne s’agit plus, dès lors, de classer, de hiérarchiser des races inégalement inférieures pour en induire l’évolution de notre préhistoire.
En ce qui concerne le monde gréco-romain, notre ancêtre direct, les renseignements, les documents abondent; force même nous sera, dans cette leçon, de nous borner à en faire un choi.x des plus restreints, à signaler seulement ce qui est typique. Mais, quel que soit le sujet examiné, nous pourrons suivre l’évolution de la mentalité gréco-romaine pendant une notable fraction de la durée et il nous sera par suite facile de montrer que les plus perfectibles de nos races européennes se soudent à la sauvagerie par leur morale primitive. Essayons donc de noter les phases successives de l’éthique dans la famille et la cité antiques.