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I. — LA FEMME ET LE MARIAGE DANS LE MONDE GRÉCO-ROMAIN

Avant Cécrops, dit la tradition, c’est-à-dire à peu près dixsept siècles avant Jésus-ChrisI, les Grecs vivaient encore

LA MORALE BARBARE

clans la promiscuité et les enfants ne portaient que le nom de leur mère^ A Rome aussi, le mariage solennel, ce que Ton appelait « les justes noces », était le privilège des patriciens. Les unions plébéiennes se faisaient more ferarum. — Tout d’abord, dans l’antiquité, le mariage consista à acheter la fille à ses parents ou à la ravir à l’ennemi. A Sparte et à Rome, des traces du mariage par capture subsistèrent longtemps dans la coutume d’enlever la fiancée au-dessus du seuil de la maison conjugale L Comme dans tous les pays sauvages, il ne fut pas interdit à la jeune fille de disposer librement de sa personne : c’était même pour elle un moyen de gagner sa dot.

Quant à la femme mariée, elle vivait dans une demi-réclusion. Jamais l’épouse grecque ne sortait seule; jamais elle ne s’asseyait à la table de son mari, quand il y avait des hôtes masculins. On connaît l’épitaphe de la matrone romaine : Domiim manüt; lanam fecit^.

En Grèce, comme dans l’Inde, comme en Chine, la femme était soumise, fille à ses parents, femme à son mari, veuve à ses fils. Les mâles lui étaient préférés dans les héritages. Dans l’opinion des anciens, la femme était une créature inférieure. La femme, dit Aristote, « n’a guère plus que l’esclave, la faculté de délibérer* ».

Pour les femmes, aucune instruction, dans la Grèce antique, excepté à Sparte. Leur grossièreté d’ailleurs devait être grande, à en juger par la défense qui leur était faite, sous peine de mort, de goûter du vin et de contrefaire les clefs de la cave, dans la Rome primitive®. Dans l’antiquité, la femme

1. Varron, cité par saint Augustin, Cité de Dieu,, t. XVIII, 9.

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