‹ L’évolution de la moraleChapitre 257 sur 372 · Plutarque, Quest. Grœ, t. XVII (Voir Ménard, loc. cit · texte numérisé non relu

Plutarque, Quest. Grœ, t. XVII (Voir Ménard, loc. cit

A. Fricdlænder, it/œi/rs romaines, etc., t. IV, p. 411. — Aristote, Politique,

LA MORALE BARBARE

Ce dernier démontre la parfaite légitimité de l’esclavage :

« Parmi les êtres créés, les uns, au moment môme de leur naissance, sont destinés à obéir, les autres à commander » — « Tous les êtres, entre lesquels il y a autant de différence qu’entre l’ame et le corps, entre l’homme et l’animal, sont esclaves par nature. Pour eux, la servitude est juste et utile 2. » — « On ne doit pas s’efforcer de réduire en servitude tous les hommes indifféremment, mais seulement ceux qui y sont destinés, de même qu’on peut se procurer les moyens de pourvoir à un repas d’appareil ou à un sacrifice, en allant à la chasse du gibier ou des bêtes fauves, mais non pas en immolant des hommes ^ » — « 11 est nécessaire que les laboureurs soient ou des esclaves, ou des barbares, ou des périœciens K » Déjà pourtant certaines consciences, moralement plus délicates, protestaient; c’est même en grande partie pour les réfuter qu’ Aristote fait ses raisonnements®.

Dans sa manière d’envisager la servitude et de traiter les esclaves. Borne a été au moins aussi abominable que la Grèce.

Tout d’abord, aussi, le nombre des esclaves fut assez restreint dans la Rome primitive; chaque propriétaire en avait un ou deux pour l’aider dans ses travaux agricoles c. Ce furent les conquêtes et la piraterie, qui déversèrent sur l’Italie un flot d’esclaves. L’île de Délos était un grand centre de commerce d’esclaves. A l’entrée et à la sortie de son port, le mouvement quotidien d’esclaves se chilfrait par milliers \ Sur le continent, les prisonniers barbares, considérés

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