Cubain, Lois civiles, etc., p
comme des }3êtes sauvages, étaient envoyés au marché par troupes.
Sur ses esclaves, le maître avait tous les droits et il les exerçait. Un des plus horribles hommes vertueux de l’ancienne Rome, Caton le Censeur, Caton l’iisurier, le patriote étroit et féroce, se faisait gloire de vendre ses vieux serviteurs « ne plus ne moins, dit Plutarque, que si c’esloient bestes mues^ ». Il prêtait même de l’argent à ses propres esclaves pour en acheter d’autres, les dresser et revendre à bénéfice, de compte à demi, etc.
A Rome, la vie des esclaves ne comptait pas : Flaminiiis en fit tuer un pour amuser la curiosité d’un de ses hôtes. Védius Pollio nourrissait avec de la chair d’esclave les poissons de son vivier; Auguste fit crucifier un esclave, qui avait tué sa caille favorite. Dans le Satyricon, le greffier de Trimalchion parle d’un esclave mis en croix « pour avoir blasphémé le génie du maître». Dans son traité Des Devoirs, Cicéron mentionne Ilécaton, lequel, dans son sixième livre, demande, si, en mer durant une tempête, il faut jeter pardessus le bord plutôt un cheval de prix qu’un esclave sans valeur ^
Dans le De Irâ, Sénèque parle de maîtres estropiant leurs esclaves, leur crevant les yeux, les réduisant à se faire marrons et, dit-il, « se faisant ainsi de toute manière tort à euxmêmes ^ ». Mais c’est à la législation, même aux lois protectrices des esclaves, qu’il faut demander les renseignements les plus éloquents.
Sous Auguste, on avait décidé que tous les esclaves vivant sous le toit d’un maître, assassiné par fun d’eux, seraient mis à mort. Tacite, dans ses Annales, raconte l’émotion