Knight, Pliil. transactions
A. Darwin, Descendance de l'homme, p. lit.
L’OHIOliNE DES PENCHANTS MÜllAUX.
L’aventure aurait mal fini pour le matin, médiocre nageur, si son adversaire, rappelé à ses instincts de sauveteur par le contact de l’çau, n’eut ramené au rivage son adversaire en péril*.
Mais ce fait, si singulier, mérite une petite analyse psychologique. Sous une forme très simple et par suite claire, il nous représente un de ces conflits moraux, si fréquents dans la conscience humaine. Sur le premier plan de la scène psychique apparaît d’abord l’instinct batailleur du chien de Terre-Neuve. Cet instinct lui est commun avec presque tous les individus de l’espèce canine, et il résulte de toute la vie antérieure des ancêtres, avant et après leur domestication. A cet instinct primordial on peut peut-être ajouter quelque antipathie héréditaire pour la race des mâtins. Cédant à ces ressorts moraux, le chien de Terre-Neuve se précipite sur son adversaire; mais, au plus fort de la bataille, au moment où les instincts invétérés, dont nous parlons, se donnent librement carrière, un incident se produit. Moralement, il est insignifiant; mais il change pourtant le cours des événements. L’impression causée par l’eau froide met en éveil un penchant artiflciel, incarné aussi dans le cerveau de l’animal. C’est le point de départ d’une autre série d’actes réflexes. Alors se déroule tout un enchaînement de détentes nerveuses, qui dormaient chez l’animal furieux. L’instinct du sauveteur surgit, dirige la conduite de l’animal et le Terre-neuve soutient jusqu’au rivage l’ennemi, que tout à l’heure il essayait d’étrangler.
L’exemple est typique, plein d’enseignement, et, si nous voulons interroger nos souvenirs personnels, nous y trouverons sûrement la trace de plus d’un revirement moral analogue.