I. Franklin, Vie des animaux, t. I, p
Mais rien n'est plus simple et plus clair rpie la genèse de I ces inslincls artificiels chez le chien, et, mettant de côté tout préjugé, force est de reconnaître que l’origine de ces [ penchants éclaire d’une vive lumière celle de la moralité humaine. Écoutons un observateur exact et sagace, G. Leroy ; ?
« La douleur des coups de fouet, retracée par la mémoire, balance dans un chien couchant le plaisir de courir un lièvre qui part... Cette idée devient si dominante qu’enfin la vue d’un lièvre lui fait serrer la queue et regagner promptement son maître L » Sûrement ces conflits moraux sont aussi bien humains que canins. Mais n’anticipons pas.
Nous avons vu que les deux grands procédés de dressage consistent à châtier ou à récompenser à propos. Il est pourtant d’autres moyens pratiques, propres à faciliter le dressage, à émousser certaines aptitudes, à en développer d’autres, à créer enfin des penchants absolument artificiels.
Si l’on a affaire à un animal doué d’instincts féroces, une précaution préalable des plus utiles est de subvenir d’abord laro'ement à son appétit : Malesuada famés.
Si cruels et si médiocrement intelligents que soient les oiseaux de proie, on adoucit leur farouche nature en ne les laissant jamais souflrir de la faim. On réussit ainsi, par exemple, à obtenir qu’un épervier vive paisiblement en société avec des pigeonsL Si l’on en croit M. Mantegazza% même le stupide caïman s’amende par la satiété. Ainsi, dans la lagune de Guadalupa, immense et extrêmement poissonneuse, les caïmans, toujours gorgés d’aliments, sont devenus des monstres inoffensifs, somnolents et incapables de songer à une mauvaise action contre les hommes.
Veut-on au contraire exalter les inslincls sauvages des