‹ L’évolution de la moraleChapitre 260 sur 372 · Institutes, liv. Ut. viii · texte numérisé non relu

Institutes, liv. Ut. viii

esclaves ne reçoivent aucune injure; le maître les reçoit pour eux* .

Pour certains délits identiques, la pénalité varie suivant la condition. Contre le faux, la loi Gornelia décrète, la mort pour l’esclave, la déportation seulement pour l’homme libre ^

Peu à peu cependant, avec le progrès des mœurs, toute cette iniquité finit par choquer la conscience publique.

Constantin défendit la dispersion de la famille de l’esclave. Il fut aussi interdit de crucifier les esclaves Antonin ordonna que les maîtres, coupables de graves sévices envers leurs esclaves, seraient obligés de les vendre*. De 319 à 326, les empereurs condamnèrent, comme homicide, le maître coupable d’avoir fait périr l’esclave dans les supplices, en exceptant pourtant les cas où la mort surviendrait après un châtiment modéré % ce qui rappelle tout à fait la loi juive. Jusqu’à Justinien, pas de mariage légal pour l’esclave ; bien plus la servitude dissolvait le mariage®. « La condition vile des esclaves, dit le Gode théodosien, rend l’esclave indigne des lois L » L’ancienne loi romaine réduisait en esclavage la femme libre ayant eu commerce avec un esclave. Le pieux Constantin fut plus sévère; il condamna, dans ce cas, l’esclave au feu, la femme à la peine capitale ordinaire

Néanmoins les mœurs se réformaient plus vite que la législation et les affranchissements devinrent si communs rtue les pouvoirs publics les limitèrent. La loi Fiiria Canina déter-

Page 1