‹ L’évolution de la moraleChapitre 259 sur 372 · Ibid., l. Il, p · texte numérisé non relu

Ibid., l. Il, p

LA MORALE BARBARE

populaire, que produisit, sous Néron, l’application de cette loi sauvage à quatre cents esclaves, dont le maître, Pedanius Secundus, préfet de Rome, avait été tué R La conscience publique s’humanisait déjà. Néanmoins une loi de Gratien condamne encore à être brûlé vif tout esclave accusant son maître d’un délit quelconque, excepté de haute trahison.

C’est que l’esclave romain était considéré comme une chose. La loi Aquilienne confond la blessure faite à une bête avec celle faite à un esclave ^ La loi des Douze Tables, ce décalogue de la primitive férocité romaine, donne au débiteur trente jours pour payer, puis l’adjuge au créancier {jure addicitur), qui d’abord le garde enchaîné dans sa maison, et enfin va le vendre au delà du Tibre, car aucun citoyen romain ne peut être vendu sur le territoire de Rome L Comme dans beaucoup de sociétés sauvages, la classe servile ne s’alimentait pas à Rome seulement par la guerre et le croît naturel, mais il y avait l’esclave de fait {in servitute non servies) vendu par son père, l’esclave pénal {serviis jiœnae, sine dominio), l’homme libre, qui, après l’àge de vingt-cinq ans, s’était laissé vendre en fraude {Institutes, i, liv. III).

Le pouvoir du maître sur les hommes libres vendus, in mancipio, comme les animaux domestiques avec le cérémonial de la balance (lihripens) ne s’étend pourtant pas jusqu’aux traitements outrageants* : pour le reste, ils sont esclaves.

Chez toutes les nations, disent encore les Inslilules, les maîtres ont droit de vie et de mort sur leurs esclaves®. Les

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