‹ L’évolution de la moraleChapitre 262 sur 372 · V. — LA PATRIE · texte numérisé non relu

V. — LA PATRIE

Le patriotisme étroit et violent des anciens, qui contribua beaucoup à leur donner l’orgueil de race, fruit nécessaire de la lutte ethnique pour l’existence, est, nous l’avons vu, commun chez les races inférieures ou peu développées. 11 fut excessif dans l’antiquité gréco-latine. Aimer sa cité, sa patrie était la grande vertu ; « 11 est beau, chante Tyrtée, qu’un homme courageux tombe aux premiers rangs et meure en combattant pour la patrie. » En sa qualité de Grec, il y met de l’esthétique, comparant, après la bataille, la beauté des cadavres des jeunes guerriers à la laideur de ceux des vieillards. D’après ce texte, il semblerait que les Grecs d’alors pratiquassent, comme les Abyssins et les Nubiens d’aujourd’bui, une ignoble mutilation, l’éviration ^ sur les cadavres de leurs ennemis.

Non seulement l’Hellène était réputé supérieur par essence: « L’Hellène au barbare a droit de commander », dit Euripide {Iphigénie en Aulide, v. 1400) ; mais la cité, à laquelle on appartenait, avait tous les droits : vis-à-vis de ses soidisant alliés, Athènes était aussi cruelle qu’orgueilleuse. La

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