Ibid., liv. I, ch. lii, p
G. Valer. Maximus, t. 11, l. paragr. 7.
LA MORALE BARBARE
raie. Ces jeux sanglants, on les aima avec passion. Les enfants jouaient aux gladiateurs; sous Néron, en l’an 64, des femmes de haute naissance descendirent dans l’arène, et la mode en continua, puisque, en 200, une ordonnance le leur interdit*. De très nobles dames, même l’impératrice Faustine, ont été accusées d’avoir aimé des gladiateurs. Les plus grands esprits de Rome ont considéré avec une parfaite indifférence les jeux du cirque. Pourvu que les gladiateurs soient des criminels, Cicéron n’y voit que du bien. Seul, vers la lin de sa vie, Sénèque le Philosophe se prononça contre les jeux, qui ne furent pourtant abolis que par Ilonorius, en 404 L
La morale, une morale quelconque est tellement naturelle à l’homme vivant en société que les gladiateurs avaient la leur ; ils se plaignaient de la rareté des jeux, refusaient de combattre avec des adversaires indignes d’eux, riaient de leurs blessures, tombaient avec grâce et mouraient tranquillement, en offrant, d’eux-mêmes, la gorge au vainqueur L