‹ L’évolution de la moraleChapitre 282 sur 372 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA MORALE BARBARE

u.sait largement pour son compte. En 506, le premier (;oncile d’Agde se borne à retrancher pendant deux ans, de la communion des fidèles, le maître qui aura tué son esclave, sans faire intervenir le juge.

Le premier concile de Reims défend de vendre des esclaves à d’autres qu’à des chrétiens.

Le neuvième concile de Tolède déclare esclaves de l’église de leurs pères les enfants des ecclésiastiques L En i05l, le troisième concile de Rome adjuge, comme esclaves, au palais de Latran, les femmes coupables d’avoir vécu, à Rome, avec des prêtres L

Un vénérable archevêque de Reims qualifie d’exécrable l’institution des communes, par laquelle les serfs se soustrayaient, contre tout droit, au domaine des maîtres^.

Peu à peu, en Europe, comme antérieurement à Rome, les affranchissements se multiplièrent moins par humanité que par spéculation. On affranchissait moyennant finance, ou redevance, ou service industriel, parfois en échange du simple service personnel : ft Je t’affranchis, mais à la condition que tu me serves tant que je vivrai * », disent certaines formules. En Normandie, dès le xii® siècle, il n’y avait plus de servage®. Les rois, de leur côté, fondaient çà et là des villes franches où ils attiraient les esclaves des voisins.

Par une ordonnance de 1315, Louis X affranchit tous les serfs du domaine royal : « Selon le droit de nature, dit l’ordonnance, chacun doit naître franc et notre royaume est nommé le royaume des Francs ®. »

Mais l’affranchissement se faisait fort irrégulièrement

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