‹ L’évolution de la moraleChapitre 297 sur 372 · Lecky, lac. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Lecky, lac. cit., t. II, p

riiabilude de payer de sa personne, d’empêcher que l’amour de l’argent devint la passion dominante.

Il faut d’ailleurs rendre justice à nos ancêtres. Leur morale indigène avait certains côtés nobles, tout à fait indépendants de l’influence romano-cbré tienne. A leurs yeux, par exemple, le mensonge était déshonorant : chez les anciens Islandais, tuer un homme et l’avouer hautement n’était qu’un homicide; en cas de dissimulation, c’était un assassinat L Donner un démenti était, nous le savons, dans l’Europe féodale et monarchique, une sanglante injure. Aujourd’hui encore, c’est une cause de duel pour nos raffinés d’honneur. Dans l’ancien droit féodal, la félonie, c’est-à-dire le manquement aux obligations consenties, était un crime. L’ancien droit irlandais proclame aussi d’importance majeure le respect des contrats verbaux ; « Le monde se désorganiserait, dit le Senchus Mor, si les contrats verbaux n’étaient pas obligatoires L » Le droit de réclamer et le devoir d’accorder l’hospitalité existaient aussi, chez les européens barbares, comme il existe encore aujourd’hui, chez les Morlaques, les Circassiens, les Afghans, etc. Dans l’ancienne Irlande, l’homme de la plus basse condition devait être accueilli partout et convenablement restauré ^

Le pivot de l’ancien droit irlandais était l’arbitrage, auquel nous reviendrons peut-être un jour D’autres lois irlandaises s’inspiraient d’une grande élévation morale : je citerai la réglementation des droits de la femme, dans les unions libres et temporaires S et surtout la parenté intellectuelle reconnue entre le maître et l’élève et d’où résultait

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