loc. cil., p
passé, à la guerre, La guerre a été longtemps la principale occupation du genre humain ; pour la majorité de nos contemporains, elle est encore la plus grande gloire. Pourtant on ne mange plus le vaincu, on ne le réduit plus en esclavage, on ne le tue plus guère après le combat, excepté dans les guerres civiles; on se contente de le rançonner et de confisquer son indépendance politique. Mais elle est encore bien récente, cette humanisation relative de la guerre. Au xviP siècle, on mettait souvent les villes à sac. Les horreurs, commises à Magdebourg, en 1631, par f armée catholique de Tilly, resteront à jamais célèbres : « Les femmes, dit Schiller, sont violées dans les bras de leurs maris; les filles aux pieds de leurs pères mourants... Cinquante-trois jeunes filles sont décapitées dans une église où elles s’étaient réfugiées; les Croates jettent au milieu des flammes, et en riant aux éclats, de jeunes enfants, qui leur tendent en vain leurs mains suppliantes; les Wallons se font un jeu d’embrocher les nourrissons, qu’ils arrachent des bras de leurs mères! »
Révoltés de tant d’atrocités, plusieurs officiers de la Ligue supplient Tilly de mettre un terme à cet affreux bain de sang et ce général répond ; « Revenez dans une heure, alors nous verrons, il faut bien que le soldat s’amuse après tant de fatigues L » Plus de 40000 personnes périrent égorgées, brûlées ou noyées dans l’Elbe ^ Ces exploits accomplis, le général crut devoir remercier par un Te Deum solennel le Dieu de miséricorde.
C’était sûrement à ces sauvageries de Peaux-Rouges que pensait Voltaire, quand il écrivit les vers suivants, si connus :