Yves Guyot, Proslitulion, p
3. A. Bertillon, Dict. Encyclop. des sc. méd., art. Mariage. — M. Block, Europe pol. et soc., p. 38.
LA MORALE INDUSTRIELLE OU MERCANTILE
les gens aisés. II en était ainsi, par exemple, dans la Hesse électorale, la Bavière, le Wurtemberg \ en Norvège, à Francfort, à Lubeck, en Suisse
Il en résultait naturellement quantité d’unions libres, 20,7 p. iOO en Bavière L Dans le langage de nos voisins d’outre-Rhin, cela s’appelle des mariages sauvages {Wilde Ehe7i), si honorables que ces unions puissent être dans la pratique.
Rappelons à ce sujet que, même dans les pays, où la loi n’entrave point le mariage, les Wilde Ehen se multiplient graduellement. Le D’' A. Bertillon évaluait à un dixième la proportion des ménages libres à Paris, et, en France, le chiffre des naissances, dites naturelles, qui était de 4,75 p, 100, dans la période 1800-1805, s’estpeu àpeu élevé à 7,25 p. 100*. Étant donnée la raison sonnante et trébuchante, qui préside à la plupart de nos mariages légaux, il est peut-être permis de considérer la progression du nombre des unions libres plutôt comme un signe d’amélioration que de détérioration des mœurs. Nous avons vu qu’au moyen fige, le fait de devenir mère illégalement était considéré et réprimé comme un délit; plus récemment les fanatiques puritains d’Amérique mettaient au pilori leurs filles-mères. Nous sommes donc en progrès sous ce rapport, à mesure que se détend la vieille sujétion de la femme; mais rappelons-nous que la loi française interdit encore la recherche de la paternité et que la morale courante flétrit sans rémission la fille-mère, tandis qu’à Rome le concubinat était une union parfaitement légale.
J’arrive à la plus terrible des survivances morales du