‹ L’évolution de la moraleChapitre 313 sur 372 · M. Block, loc. cit., p · texte numérisé non relu

M. Block, loc. cit., p

ciales qu’entretiennent la misère s’avivent et s’élargissent. Les ouvriers industriels, nous dit M. Legoyt‘, se suicident beaucoup plus que les agriculteurs. Dans le grand centre industriel de l’Allemagne, en Saxe, sur un million de personnes, le commerce et l’industrie donnent 341,59 suicides annuels; il n’y en a que 71,17 chez les agriculteurs. Enfin nous savons qu’en fait de mort volontaire il y a dans tous les pays civilisés progression croissante.

C’est sûrement à la même cause qu’il faut attribuer les progrès de l’ivrognerie indiqués par ceux de la consommation de l’alcool, qui après avoir été de 0',93 par tête en 1829, s’est graduellement élevée en France à3',69 en 1866^

11 est presque superflu de remarquer que la prostitution va de pair et gagne du terrain avec le paupérisme et l’ivrognerie.

Mais toute cette dégénérescence physique et morale estelle nécessaire? Résulte-t-elle de la constitution même de l’espèce humaine? Avons-nous dépassé l’apogée de notre développement et, comme les espèces organiques, qui ne sont plus en harmonie avec leur milieu physique, n’avonsnous plus qu’à déchoir et disparaître? Nullement! tout ce mal est artificiel; il est notre œuvre; il est enfanté par VAuri sacra famés du poète latin.

L’amour de la richesse n’est pas nouveau dans le monde. Précédemment j’ai cité les malédictions que lançaient à l’argent les vieux poètes grecs. Dans l’antique Athènes, ce fut uniquement d’après le chiffre de la fortune, que Solon distribua la population en classes. A Rome, Cicéron appelle couramment boni, les bons, les gens de bien, ceux qui ont de la fortune et l’on raconte que le voluptueux Apicius se

t. A. Lcgoyl, Le Suicide, p. 180-185.

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