Villiaunic, loc. cit„ t. Il, p
LA MOllALE INDUSTRIELLE OU MERCANTILE.
n’a pas besoin de son travail, cet lioinrae n’a pas le moindre droit à réclamer une portion quelconque de nourriture et il est réellement de trop sur la terre. Au grand banquet de la nature, il n’y a point de couvert mis pour lui. La Nature lui commande de s’en aller et elle ne lardera pas à mettre ellemême cet ordre à exécution ‘ ». On peut dire ici avec J. de Maistre ; « La Nature ! quelle est cette femme? » et constater que celte personnalité anthropomorphique est, malgré son sexe, fort brouillée avec la pitié.
En 1840, un ministre français^ a blâmé ofüciellement dans une circulaire ((3 août 1840) les établissements destinés à recevoir les vieillards et les infirmes pauvres. Un autre homme d’État, de son vivant fort célèbre ^ a déclaré dans un rapport sur l’assistance publique, que « la misère est la condition inévitable de l’homme dans le plan général des choses... que la société actuelle, reposant sur les bases les plus justes, ne peut être améliorée, etc. ».
Un économiste illustre et même libéral, J. -B. Say, n’hésite pas à nous dire nettement, que « à parler rigoureusement, la société ne doit aucun secours, aucun moyen de subsislance à ses membres^ ».Pourtantil vcutbien tolérer, que l’individu, dans son intérêt particulier, pour cultiver en lui le sentiment de la bienveillance, se départe de la rigueur du droit, mais il nous adjure de nous souvenir que nous « sommes soumis à des lois sévères, que jamais nous ne violons impunément ». Il est clair que le fait d’aider les autres lui semble d’une moralité fort douteuse.
S’il arrive un jour que le genre humain s’éteigne, soit par suicide raisonné, selon le vœu de nos pessimistes, soit par