Cours complet d'économie politique, in-i, p
le vice même de son organisation sociale et si le genre loup hérite de notre primauté zoologique, cette morale économique pourra être adoptée, mais on ne s’y tiendra pas, car essentiellement tonte société implique la solidarité, et nous avons déjà vu Aristote, peu suspect de sensiblerie, définir la société une alliance offensive et défensive contre le malheur.
Mais la morale de J. -B. Say est bien la morale courante (lu monde économique, où l’on oublie trop que derrière les entités appelées travail, capital, etc., il y a des hommes. Pourtant quelques protestations se sont élevées, même dans ce camp : « Le but de la société, dit M. Rossi, n’est pas seulement d’être riche... Quand l’application du travail est contraire à un but plus élevé que la production de la richesse, il ne faut pas remployer*. » Rara avis.
Je m’arrête. J’ai signalé les vices et les dangers de notre morale et de notre organisation mercantiles, les plus criants du moins. Est-ce à dire que ces maux soient incurables? Nullement. Le progrès, nous l’avons vu en commençant ce cours, est la loi du monde et nous sommes loin d’en avoir atteint le terme. Dans l’ensemble, le mouvement en avant a été constant, depuis la phase bestiale des sociétés humaines : il ne saurait s’arrêter, et toujours le mieux sort de l’excès même du mal. Avant de terminer ces leçons, j’aurai à parler de la genèse morale, qui s’effectue en ce moment même au sein de notre imparfaite civilisation. Mais auparavant, il me faudra étudier l’iniluence qu’ont exercée les religions sur la morale, et exposer brièvement les données de la morale utilitaire.